11.01.2018, 00:01

Le PS préserve ses locomotives

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, a souligné Roger Nordmann, qui siège au Conseil national depuis 2004.

 11.01.2018, 00:01 Le PS préserve ses locomotives

Par info@lacote.ch

VAUD Les socialistes refusent de limiter davantage l’enchaînement des mandats aux Chambres fédérales.

Jusqu’où limiter le nombre de mandats successifs des élus? Le Parti socialiste vaudois est pris entre deux feux. D’un côté la volonté d’assurer la relève, de l’autre, plus pragmatique, celle de préserver ses locomotives pour éviter les échecs électoraux.

Mardi soir, en congrès, le modèle pragmatique l’a emporté. En révisant leurs statuts, les roses ont refusé la proposition de leur...

Jusqu’où limiter le nombre de mandats successifs des élus? Le Parti socialiste vaudois est pris entre deux feux. D’un côté la volonté d’assurer la relève, de l’autre, plus pragmatique, celle de préserver ses locomotives pour éviter les échecs électoraux.

Mardi soir, en congrès, le modèle pragmatique l’a emporté. En révisant leurs statuts, les roses ont refusé la proposition de leur comité de limiter l’enchaînement des mandats entre les deux Chambres fédérales. Aujourd’hui, un élu peut siéger théoriquement 32 ans sous la coupole, en faisant quatre mandats à la Chambre du peuple puis quatre autres au Conseil des Etats.

Pour le comité, passer huit législatures sur les bancs du parlement est «contraire à l’esprit des statuts», qui visent à assurer la relève. Il proposait donc aux militants de limiter les mandats à cinq entre les deux Chambres, soit 20 ans au maximum, avec une possibilité de dérogation. «Nous avons estimé que cela préserve les intérêts du parti de profiter de la notoriété d’un élu, tout en assurant le renouvellement», a défendu Jessica Jaccoud, vice-présidente.

Ce n’est pas l’avis des parlementaires, montés au front contre cette nouvelle limitation. Ils craignaient que le parti y perde des plumes, notamment au Conseil des Etats. «C’est une élection toujours très difficile et ces sièges sont très précieux. La majorité de droite est terrible au Conseil national. Le renouvellement c’est super, mais pas pour le Conseil des Etats», a martelé Roger Nordmann, président du groupe, entré en 2004 au Conseil national. Sous la coupole depuis 2007, Géraldine Savary terminera quant à elle sa troisième législature comme conseillère aux Etats en 2019, après un mandat à la Chambre du peuple. Même avec une nouvelle restriction, elle aurait pu rempiler pour une nouvelle législature.

Cumuls limités chez les Verts

Dans le canton de Vaud, PLR, UDC et Verts ne prévoient pas de restriction de la durée des mandats. Le parti écologiste limite par contre les cumuls: il n’est plus possible d’être municipal et conseiller national d’une ville de plus de 10 000 habitants, comme l’avait fait Daniel Brélaz entre 2007 et 2011. Elu au Conseil national une première fois en 1979, l’ancien municipal lausannois y a fait plusieurs allers-retours. Il cumule au total 17 ans sous la coupole. Au PLR, la doyenne du Conseil national, Isabelle Moret, entame sa douzième année. A l’UDC, Jean-Pierre Grin a été élu en 2007.

En Suisse, la réglementation de la durée des mandats dépend des sections cantonales des partis. Mais aucun ne s’est risqué à notre connaissance à restreindre le nombre total d’années passées sous la coupole, comme l’a tenté le comité du PS Vaud. A Genève et en Valais, le parti socialiste prévoit une limitation par Chambre. En 2019, la socialiste Liliane Maury Pasquier aura passé 24 ans au Parlement, soit sept mandats entre les Conseils national et des Etats. Les restrictions ne sont pas l’apanage de la gauche. Le PDC Valais prévoit une limitation à trois législatures. L’UDC bernoise prévoit un maximum de quatre mandats. En 2019, Adrian Amstutz devra se retirer. Le politologue Georg Lutz note que la durée des mandats revient régulièrement dans les discussions des partis: «Aux Chambres fédérales, les sortants ont un avantage énorme. S’ils veulent continuer, sans limitation, ils peuvent facilement rester vingt ou trente ans.»


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