30.04.2019, 17:00

Raconter la réalité paysanne pour faire taire les critiques

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Une campagne d'information a été lancée mardi pour raconter la réalité des paysans romands.

Agriculture Une campagne d’information a été lancée mardi pour raconter la réalité des paysans romands. Un riche matériel de vulgarisation a été élaboré afin d’informer le public sur divers thèmes comme la protection des plantes ou le bien-être animal. Les agriculteurs iront également à la rencontre des citadins lors de micro-événements.

«Nous protégeons ce que nous aimons» est la version adaptée à la Suisse romande d’une campagne nationale de l’Union suisse des paysans. Déployée à l’initiative d’Agora, de Prométerre et des autres chambres agricoles romandes, la campagne vise plusieurs objectifs, a déclaré Laurent Tornay, président d’Agora mardi devant la presse à Lausanne.

Vingt ans après la grande réforme des années 1990 et de l’introduction des paiements directs, l’agriculture fait à nouveau l’objet d’importantes critiques. Elle coûterait cher, ne serait pas efficace, maltraiterait les animaux, polluerait les sols et les cours d’eau, empoisonnerait les consommateurs, a-t-il énuméré.

Du bon travail

Ce contexte général a fait prendre conscience aux organisations agricoles de l’importance de mieux expliquer leur réalité, a ajouté Claude Baehler, président de Prométerre. Il faut faire savoir que les paysans sont conscients de leurs responsabilités et que l’agriculture suisse fait du bon travail, a-t-il relevé.

Les organisations veulent présenter au public les nombreux pas accomplis ces dernières années. Mais aussi les opportunités d’amélioration offertes par la technologie numérique, les progrès des techniques culturales et des pratiques alternatives, a détaillé Loïc Bardet, directeur d’Agora.

Terrain virtuel

Si le travail agricole a énormément évolué, l’image du paysan reste trop souvent caricaturale, voire stigmatisante, a poursuivi Grégoire Nappey, chef de projet pour la campagne. Aujourd’hui, toute l’agriculture travaille dans le sens du développement durable; cela implique la responsabilité environnementale du paysan, mais aussi la responsabilité sociale et économique du consommateur.

Concrètement, la campagne investit Internet avec le site www.agriculture-durable.ch et les réseaux sociaux pour toucher les plus jeunes (page Facebook en attendant des comptes twitter et Instagram). Des contenus vidéos seront diffusés afin de raconter comment l’agriculture adapte ses modes de production.

Les supports traditionnels ne sont pas oubliés avec des présences dans les foires, des prospectus didactiques, mais également des panneaux d’information près des exploitations.

Champ politique

Continuant à accueillir la population lors des brunchs du 1er août ou des portes ouvertes à la ferme (2 juin), les paysans vont aussi se déplacer, aller à la rencontre de la population et des milieux économiques. Il sera par exemple possible de prendre un café ou un petit-déjeuner avec un agriculteur dans des établissements publics urbains et à la fréquentation plutôt jeune.

En occupant ainsi le terrain, le monde agricole veut également se positionner sur le champ politique et répondre aux deux initiatives fédérales sur lesquelles le peuple devra se prononcer en 2020. Ces textes extrêmes engendreraient un bouleversement profond et inutile de l’agriculture suisse, a averti Claude Baehler.

ATS

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