Vaud: le canton veut tuer deux loups du Marchairuz

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Faune A la suite de plusieurs attaques avérées sur des bovins dans le Jura vaudois, le canton de Vaud sollicite un tir de loup auprès de la Confédération. Il estime que les conditions permettant le tir de régulation de deux jeunes loups de la meute du Marchairuz sont réunies.

 02.08.2021, 16:11
Le canton de Vaud sollicite le tir de deux jeunes loups dans la région du Marchairuz.

Cela faisait 150 ans que ce n’était pas arrivé. A la suite de plusieurs attaques, attribuées à une meute de loups, constatées sur des veaux dans la région du Marchairuz, le canton de Vaud transmet à la Confédération une demande d’autorisation pour procéder à un tir de loup.

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S’appuyant sur l’ordonnance sur la chasse, le Département de l’environnement et de la sécurité estime que les conditions permettant le tir de régulation de deux jeunes loups de la meute du Marchairuz sont réunies (lire encadré). Le délai de réponse de la Confédération n’est, quant à lui, pas connu. 

Conditions réunies pour un tir
Depuis la révision de l’ordonnance sur la chasse (OChP), entrée en vigueur le 15 juillet dernier, les populations de loups peuvent être régulées dès lors que deux bovins au moins ont été tués sur une période de quatre mois, pour autant que des mesures de protection raisonnables aient été mises en place. De plus, le loup ne peut être régulé que si la meute concernée s’est reproduite avec succès pendant l’année durant laquelle la régulation a été autorisée.

Les deux individus qui seraient tués seraient les jeunes loups nés l’an passé. «Cela ne fait pas sens de tuer des louveteaux de cette année, qui ne participent pas aux attaques», estime Frédéric Hofmann, chef de la section chasse, pêche et surveillance à la Direction générale de l’environnement. 

Le couple reproducteur n’est pas non plus visé, pour éviter une dispersion de la meute. «Cela peut déstructurer le groupe et provoquer des comportements déviants. Les loups auraient davantage tendance à chercher des proies faciles et à se tourner vers les animaux de rente», relève le spécialiste.

Caméras thermiques

Le chiffre de deux ne tombe, lui non plus, pas de nulle part. La loi indique que le nombre d’individus qui peuvent être tirés est au maximum de la moitié des animaux nés dans l’année. Dans le cas présent, au moins cinq louveteaux sont nés cette année, un chiffre identique à celui de l’année passée.

Tuer le couple reproducteur peut déstructurer le groupe et provoquer des comportements déviants.
Frédéric Hofmann chef de la section chasse, pêche et surveillance au canton

Pour reconnaître les individus, les garde-faune utiliseraient les lunettes thermiques. Les jeunes loups de l’an passé pourront ainsi être différenciés du couple reproducteur et des louveteaux de l’année. En revanche, ce ne sont pas deux individus précis qui seraient tirés. «Nous savons les identifier, mais uniquement par l’ADN recueilli sur des poils, des crottes ou de la salive», explique Frédéric Hofmann.

Soutenir les éleveurs

Conscient des difficultés rencontrées par les éleveurs, le canton de Vaud tient à les assurer de son soutien. La Direction générale de l’environnement suit de près la situation sur le terrain en étroite collaboration avec la Fondation Landry ainsi que la Direction générale de l’agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires et les propriétaires de bétail.

Les dommages causés par le loup aux animaux de rente, sur la base des constats de terrain effectués par les surveillants permanents de la faune, sont indemnisés conjointement, à raison de 80% à charge de la Confédération et 20% du canton.

Un éleveur satisfait
Quelques heures après avoir amené au centre de collecte des déchets carnés de Penthaz, son veau attaqué par le loup dans la nuit de samedi à dimanche, Jean-Daniel Wyss, apprend par nos soins la requête cantonale d’autorisation de tirer le canidé. «C’est une bonne nouvelle, mais la grande question porte sur le délai avant que Berne ne se prononce, réagit l’éleveur de Bière. Car, en attendant le feu vert, le loup attaquera encore, maintenant qu’il y a pris goût et qu’il dévore une bête tous les deux jours.»

Ses veaux, il les a maintenus à l’alpage et ne pense pas les redescendre au village avant la mi-septembre. «Pour le moment, nous avons décidé de les laisser à la montagne. Notamment, parce qu’il faut manger ce qu’offrent les pâturages cette année. Si on ne le fait pas, l’été prochain, nous aurons de bien moins bons herbages», affirme l’agriculteur, satisfait néanmoins de voir réagir rapidement le canton de Vaud.

Des mesures de protection sont également mises en place de concert avec les éleveurs afin de réduire les risques de nouvelles attaques. Alors que la Confédération recommandait de protéger les veaux jusqu’à deux semaines de vie, le canton constate que les proies des loups sont plus âgées. Il recommande donc aux éleveurs d’approcher au maximum les veaux des chalets d’alpage pendant la nuit, et de mélanger, si possible, les veaux et les génisses.

En Valais, le Conseil d’Etat a récemment autorisé le tir d’un loup. Si le canton de Vaud doit quant à lui obtenir l’aval de la Confédération, c’est parce qu’il s’agit d’une meute, et non pas d’un animal isolé comme c’est le cas en Valais.


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