L'ordonnance sur les sports à risques trop restrictive pour la rando

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Berne Le mécontentement est de mise, suite au projet de nouvelle ordonnance sur les sports à risque.

Par ats
  30.03.2012, 08:12
Le projet de nouvelle ordonnance sur les sports à risque suscite le mécontentement. Les organisateurs de sorties en plein air estiment que ce texte est trop restrictif et soumet une simple randonnée à autorisation. Les guides de montagne souhaitent eux mieux protéger leurs prérogatives.

Le projet de nouvelle ordonnance sur les sports à risque suscite le mécontentement. Les organisateurs de sorties en plein air estiment que ce texte est trop restrictif et soumet une simple randonnée à autorisation. Les guides de montagne souhaitent eux mieux protéger leurs prérogatives.

Cette ordonnance d'application accompagne la loi adoptée par le Parlement en 2010 et découle de l'accident de canyoning qui avait fait 21 morts en 1999 dans le Saxetbach (BE).

Elle prévoit un régime d'autorisation pour les guides de montagne, les profs de sports de neige mais aussi les accompagnateurs de randonnée ainsi que les moniteurs d'escalade, qui exercent à titre professionnel.

Le canyoning, le rafting, la descente en eau vive et le saut à l'élastique seront soumis à un système de certification. Les professionnels auront l'obligation de souscrire une assurance responsabilité civile couvrant au moins 5 millions de francs. La loi et l'ordonnance sont prévus pour 2013.

Camps menacés

La nécessité de légiférer au niveau fédéral n'est pas contestée. Mais la tonalité de l'ordonnance soumise aux milieux concernés jusqu'à samedi, irrite. Pour le WWF, cette mise en application risque de remettre en question toutes sortes de camps et d'excursions pour les jeunes.

"Une excursion avec une classe en Valais n'est pas une activité à risque et devrait pouvoir être organisée sans qu'une autorisation soit nécessaire", estime-t-il. D'après lui, le territoire couvert qui englobe les Alpes, mais aussi l'Arc jurassien et les Préalpes, est exagéré.

Un avis partagé par le Club alpin suisse (CAS) pour qui le champ d'application est disproportionné puisqu'il couvre non seulement une large zone de montagne mais définit aussi des niveaux de difficulté qui restreignent les activités. A noter que le CAS, en tant qu'organisation à but non lucratif, n'est pas concerné.

La Swiss Outdoor Association, la plus grande association professionnelle des prestataires dans le domaine d'activités comme le canyoning, le rafting ou le canoë n'est pas non plus rassurée. Elle craint que ses membres ne puissent plus continuer leurs activités, quand bien même ils disposent d'un certificat.

L'association s'étonne en particulier de l'obligation qui leur est faite d'engager des guides de montagne ou des moniteurs au bénéfice d'une autorisation. Elle demande à pouvoir poursuivre son offre commerciale telle qu'elle est définie dans la liste de la fondation "Safety in adventure", reconnue par le Département des sports.

Protéger les guides

A l'opposé, l'Association suisse des guides de montagne (ASGM) est d'avis que l'ordonnance laisse trop de liberté d'appréciation préjudiciable au métier de guide.

Pour les sports de glisse, l'ASGM demande que les moniteurs se cantonnent à "enseigner" et non "conduire" des clients. Ils doivent en outre restreindre leurs activités au ski hors piste sur un domaine accessible en remontées mécaniques, les moniteurs n'étant pas formés au ski de randonnée.

Pour les accompagnateurs de randonnée, les guides réclament que toutes les randonnées en montagne soient soumises à autorisation, été comme hiver. Quant aux moniteurs d'escalade, l'ASGM souhaite que leurs activités se restreignent à des sites pas plus haut que 1300 mètre d'altitude, à l'instar des 1500 mètres édictés en France.

Réserves pour les étrangers

Seul point de convergence, les réserves émises pour les étrangers, dispensés d'une autorisation pour autant qu'ils ne passent pas plus de 90 jours en Suisse. Tous estiment que cette durée est trop longue et doit être réduite à 10 jours par saison d'été/hiver.

Quant aux assureurs, ils ne voient pas d'un bon oeil les nouvelles obligations qui les concernent. Le fait de communiquer aux clients la couverture en cas d'accident n'augmente pas la sécurité, relève l'Association suisse d'Assurance (ASA). Il vaudrait mieux obliger le preneur d'assurance à signaler au canton qui délivre les autorisations un éventuel changement d'assurance.


 


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