12.03.2015, 08:41

Pere Icart: "Entraîner au haut niveau, c'est un rêve"

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Par Florian Sägesser, de Barcelone

TENNIS Ancien entraîneur à Nyon et Gland, le Catalan Pere Icart s'occupe du joueur pro Albert Montanes (ex-ATP 22). Rencontre à Barcelone.

Le soleil et les vingt degrés irradiant le Real Club de Tennis de Barcelone tranchent avec la grisaille helvétique de ce premier jour de mars. De la Suisse, Pere Icart en conserve des souvenirs marquants, un français remarquable et des liens d'amitié. Entraîneur au TC Nyon ainsi qu'au TC Gland pendant quelques saisons, le Catalan, bientôt 36 ans, est rentré au pays voilà dix ans. Déjà. Le temps passe en un claquement de doigts. "J'ai appris énormément en Suisse, tant en termes d'exigences, de connaissances que d'ouverture d'esprit."

Depuis octobre, Pere Icart vit une Autre expérience, tout aussi stimulante. Promu coach d'Albert Montanes - 22e joueur mondial en 2010 et vainqueur de six titres sur le circuit principal -, il écume l'ATP Tour. "C'est un rêve de pouvoir découvrir le haut niveau en tant qu'entraîneur. On intègre une nouvelle famille, on évolue dans notre petit monde, en côtoyant des gars comme Nadal, Ferrer ou Robredo", relève Pere Icart.

Lien de confiance très fort

Le coach ne débarque pas dans l'inconnue totale. En 2014, il officiait déjà comme entraîneur-assistant d'Albert Montanes, mais fonctionnait en doublette avec Narcis Pelach. Avant de voler de ses propres ailes. "Avec Albert, on se connaît depuis nos 15 ans, on s'est entraîné ensemble en juniors, on a joué ensemble sur des Futures, il y a un lien de confiance très fort." Un point essentiel dans la relation entraîneur-joueur.

"Pere est réellement une personne merveilleuse, Je suis très content de l'avoir à mes côtés, on peut envisager de belles choses", commente Albert Montanes, ATP 105 cette semaine. A 34 ans, l'Espagnol tente un retour au premier plan. Dans le top 100, dans un premier temps, afin d'être qualifié pour les tournois du Grand Chelem. "J'aimerais retrouver ma place parmi les 40 premiers joueurs mondiaux", détaille ce fan absolu du Barça (même à l'autre bout du monde il s'organise pour ne pas rater un match), longtemps une valeur étalon du top 30.

Pro depuis 1999, le droitier originaire de Sant Carles de la Rapita a notamment battu Roger Federer, alors n°1 mondial, en 2010. "Ma plus belle victoire, parce que Roger est le plus grand joueur de l'histoire."

Apprécier le moment

Pere Icart se charge d'apporter un nouvel influx, une envie toute neuve à son protégé. Il le fallait après une saison 2014 entachée de plusieurs blessures, dont une sérieuse à la cheville contractée au 1er tour de Roland-Garros. Une grosse déception, à la hauteur de l'amour qu'il porte au tournoi parisien, son objectif principal chaque fin mai. "Aujourd'hui, ma motivation s'avère même plus grande qu'à 20 ans, car je connais le milieu dans lequel j'évolue. Si j'ai obtenu des résultats, c'est justement parce que je suis passé par des moments difficiles et que je fus capable de les surmonter", raconte Albert Montanes.

Le duo voit cette année sur le Tour d'un bon oeil. "Albert a déjà passé quinze ans sur le circuit, on prévoit de disputer cette saison et encore une supplémentaire en 2016, après on verra: tant que l'envie de jouer est là et que le physique suit, tu peux continuer, ajoute Pere Icart. On fait ce qu'on aime, on essaie d'apprécier chaque instant. Partager ensemble les moments durs comme agréables donne de la force." Au deuxième semestre, Albert Montanes n'aura que peu de points à défendre. Le joueur et son coach peuvent raisonnablement ambitionner un nouvel envol, retrouver une place au soleil.

Leur année 2015 a démarré sur de bonnes bases, avec un quart de finale au tournoi ATP 250 de Quito, en Equateur. Un bon présage. "Je suis content, c'est un début positif, je suis sûr que ce sera une bonne année", estime Albert Montanes.

A Genève, pour la fondue?

Après une grosse tournée en février - cinq semaines en Amérique du Sud et dix vols en avion (!) - les deux compères projettent de passer le mois de mars à Barcelone. Près de leur femme et de leur nouveau-né (les deux sont devenus papas en fin d'année). "On a la chance d'avoir des familles géniales. Mais ce n'est pas toujours facile d'être loin de la maison. La clé, c'est d'être focalisé à 100% sur le travail en voyage et à 100% sur la famille une fois de retour." Voilà ce qu'ils font actuellement, tout en préparant activement le printemps européen sur terre battue. En avril, l'enchaînement des tournois doit les amener à Paris, Porte d'Auteuil.

La route de Roland-Garros passera par un challenger à Naples, le Masters 1000 de Monte-Carlo, Barcelone et peut-être le Geneva Open. "On jouera à Genève ou Nice (ndlr: les deux tournois ont lieu la même semaine), cela dépendra du classement et de la qualité du tableau. Mais cela me ferait plaisir de participer à un tournoi en Suisse avec Albert, sourit Pere Icart. J'aimerais bien revenir ici, rendre visite et... manger la fondue ou la raclette."


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