Brexit: la finalisation d’un accord est une bonne nouvelle pour la Suisse

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Economie La Suisse s’était autant préparée à la conclusion d’un accord post-Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, qu’au scénario du «no deal». Elle tire cependant parti de la passation d’un accord entre les deux entités.

 24.12.2020, 18:09
Berne et Londres se sont entendus dans les domaines du transport routier et aérien, des assurances, de la migration et du commerce.

Bonne nouvelle pour la Suisse: l’Europe et le Royaume-Uni ont finalisé leur accord sur le Brexit jeudi. Bien que Berne ait déjà signé ses propres accords avec Londres, cette issue des négociations reste plus avantageuse aussi pour la Confédération.

L’accord devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2021, mais les Etats membres de l’UE doivent encore donner leur feu vert. Et comme il ne reste plus assez de temps au Parlement de l’UE pour le ratifier, l’accord ne pourra entrer en vigueur que provisoirement.

Grâce à plusieurs accords signés avec le Royaume-Uni, la Suisse est aussi bien préparée que possible pour la sortie britannique de l’UE le 31 décembre. Ce, y compris, en cas de «no deal» de dernière minute entre l’UE et la Grande-Bretagne. Berne et Londres se sont entendus dans les domaines du transport routier et aérien, des assurances, de la migration et du commerce. Les accords devraient entrer en vigueur dès le 1er janvier.

Mi-décembre, un accord sur la mobilité des fournisseurs de services entre la Suisse et le Royaume-Uni a également été trouvé. Indépendamment du Brexit, la question de la coopération policière afin de lutter contre la criminalité et le terrorisme a aussi été réglée récemment.

Il est par ailleurs clair que dès le 1er janvier, les conditions d’importation d’animaux et de produits animaux depuis le Royaume-Uni vers la Suisse seront les mêmes que pour les pays hors UE. Par exemple, l’importation de viande ou de fromage n’est plus autorisée. D’autres produits, comme le miel, ne peuvent être importés que de manière limitée.

Points en suspens dans le commerce

La coordination de la sécurité sociale n’a, elle, pas encore été réglée. Des discussions avec le Royaume-Uni sont en cours, a écrit le Département des affaires étrangères (DFAE) sollicité par Keystone-ATS.

Des points restent également à régler pour le commerce. L’accord commercial négocié avec Londres permet certes la reprise, pour l’essentiel, des accords passés entre la Suisse et l’UE dans ce domaine.

Mais comme la Suisse a harmonisé certaines de ses règlementations avec celles de l’UE, notamment dans les domaines de l’agriculture et des entraves techniques au commerce, Berne et Londres ne pouvaient régler ces points tant que l’UE et le Royaume-Uni n’avaient pas clarifié leurs relations.

Possible augmentation des coûts

Si l’accord laborieusement négocié entre Bruxelles et Londres subit tout de même le véto d’un des 27 membres, l’échange commercial entre la Suisse et la Grande-Bretagne coûtera plus cher, malgré l’accord commercial liant les deux pays.

Les Britanniques seraient dans ce cas expulsés de la zone pan-euro-méditerranéenne de libre-échange, créée afin de simplifier le commerce, avec des conséquences négatives sur le libre-échange.

En effet, les produits fabriqués en Suisse sont souvent composés de pièces étrangères. Or, dans les accords de libre-échange, seuls les produits qui ont la «nationalité» des parties contractantes bénéficient de la facilitation douanière.

Développement des relations

Berne doit maintenant combler les lacunes et développer davantage ses relations avec Londres. Avec une valeur totale de 8,8 milliards de francs, le Royaume-Uni représentait en 2018 le sixième marché en importance pour les exportations suisses, selon le rapport sur la politique économique extérieure de 2019. En 2017, le pays était la troisième destination des exportations de services suisses, selon le DFAE.

Des discussions sur un accord dans le secteur des services financiers sont actuellement en cours, selon une «déclaration commune» signée fin juin par le ministre des finances Ueli Maurer et son homologue britannique Rishi Sunak. Un bilan intermédiaire est prévu sous peu.

Les deux pays ont également convenu de renforcer leurs relations après le Brexit. «Il existe un intérêt mutuel à approfondir les relations économiques et commerciales sur le long terme», indique la fiche d’information du DFAE. Les discussions se déroulent à des «niveaux très divers». Une collaboration plus étroite dans le domaine de l’éducation et de la recherche devrait également être intéressante pour les deux pays.

ATS

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