Forfaits fiscaux: droite, cantons et milieux économiques soulagés, la gauche déçue

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votations fédérales Le rejet de l'initiative pour l'abolition des forfaits fiscaux réjouit les partis bourgeois, les cantons et les milieux économiques. Le camp rose-vert se console avec un score nettement plus élevé que sa force électorale.

  30.11.2014, 16:26
Le camp du non affiche la couleur.

Les partis bourgeois, les cantons et les milieux économiques ont accueilli dimanche avec soulagement le rejet de l'initiative pour l'abolition des forfaits fiscaux. Le camp rose-vert est certes déçu, mais il se console avec un score nettement plus élevé que sa force électorale.

Le président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances Peter Hegglin a parlé d'un "résultat clair", qui montre que le peuple continue à vouloir cette forme d'imposition. Pour lui, ce soutien est un grand soulagement. Le fait que le Parlement ait durci les conditions pour les bénéficiaires des forfaits fiscaux est une des raisons du rejet de l'initiative, selon lui.

Plusieurs cantons étaient particulièrement concernés par le vote, à l'image de Vaud, du Valais ou des Grisons. Le conseiller d'Etat vaudois Pascal Broulis s'est dit "soulagé". Selon lui, il était "naïf de croire que les riches contribuables étrangers seraient restés" en Suisse. "Les cantons suisses ont joué le jeu, ils sont restés respectueux les uns des autres", a-t-il relevé.

Le ministre valaisan des finances Maurice Tornay (PDC) considère ce vote comme un respect de la notion de fédéralisme. Pour son homologue grisonne Barbara Janom (PBD), les forfaits fiscaux constituent un avantage pour les régions de montagne et périphériques, qui est devenu encore plus important depuis l'acceptation de l'initiative sur les résidences secondaires.

Le résultat n'était pas acquis

Le président du PDC Christophe Darbellay a aussi exprimé son soulagement. Ce n'était pas un sujet facile, la campagne a dû être menée âprement mais elle a finalement porté ses fruits, avec un résultat plus net qu'attendu, a commenté le conseiller national valaisan. Selon lui, c'est un signal de solidarité de la plaine envers les régions de montagne.

Pour la conseillère nationale Daniela Schneeberger (PLR/BL), un des arguments essentiels contre l'initiative a été la volonté de laisser les cantons piloter leur système fiscal. "Le peuple veut que la concurrence fiscale soit maintenue dans le pays et soutient le fédéralisme", a analysé la libérale-radicale.

Le président de l'Union suisse des arts et métiers (usam) et conseiller national Jean-François Rime (UDC/FR) s'est dit "très heureux, car le résultat n'était pas acquis". Pour le conseiller national Lorenz Hess (PBD/BE), l'imposition forfaitaire renforce la place suisse, particulièrement les régions périphériques, et crée nombre d'emplois.

Les organisations économiques, à l'image de l'usam et d'economiesuisse, sont aussi soulagées. Pour economiesuisse, les bénéficiaires des forfaits sont importants pour les régions périphériques et de montagne, car ils y investissent et créent des emplois.

La gauche souligne le bon score

Le conseiller national Jean Christophe Schwaab (PS/VD) s'est déclaré "évidemment déçu", mais il se console grâce au bon score. "Il est largement supérieur à la force électorale de la gauche", se réjouit-il. D'ailleurs, le PS ne baisse pas les bras: le chef du groupe aux Chambres fédérales Andy Tschümperlin (SZ) a annoncé que le parti va lancer d'autres initiatives pour plus d'équité fiscale.

Même son de cloche du côté des Verts, qui continueront à lutter pour l'équité et la durabilité. Car aux yeux des écologistes, "la sous-enchère fiscale nuit à la réputation de la Suisse et contribue à un type de croissance qui n'est pas durable".

Pour Markus Bischoff, co-initiant et député au Grand Conseil zurichois (Liste alternative), le dossier des forfaits fiscaux est liquidé. Mais l'équité fiscale reste d'actualité, enchaîne-t-il, par exemple avec la 3e réforme de l'imposition des entreprises. Et pour l'initiative sur l'impôt sur les successions, M. Bischoff s'attend de nouveau à une "propagande massive" des opposants.

Les syndicats expriment aussi leur déception. En refusant la suppression des forfaits, "on a malheureusement raté l'occasion de garantir un peu plus de justice fiscale", écrit l'Union syndicale suisse (USS). L'importante part de "oui" montre toutefois que de larges milieux accordent une grande valeur à la justice fiscale et que des nouveaux cadeaux fiscaux ne sont donc pas indiqués.

Pour Unia, les défenseurs des privilèges particuliers pour les super-riches ont réussi à obtenir la majorité avec des arguments qui visaient à faire peur.


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