17.02.2020, 12:30

La forêt suisse est à un moment clé: choisir les essences de demain

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La prolifération des bostryches a favorisé les coupes (Photo prétexte). Et lorsque celle-ci sont importantes, il faut reboiser.

Environnement Chaleur, sécheresse, bostryche,… Les forêts suisses souffrent, particulièrement dans l’arc jurassien, le Valais et les Grisons. Il s’agit aujourd’hui de choisir quelles essences résisteront le mieux à l’avenir.

La forêt se trouve à un moment clé si on veut qu’elle pérennise ses fonctions et prestations en faveur des humains. Alors que le climat des dernières années l’a affaiblie, l’Office fédéral de l’environnement étudie quelles essences s’adapteront le mieux à l’avenir.

Une succession d’étés secs ces dernières années a affaibli nos forêts, mais l’étendue des dégâts varie fortement d’une région à l’autre, constate le vice-directeur de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) Paul Steffen dans l’avant-propos de l’Annuaire La forêt et le bois 2019. Un ouvrage statistique de plus de 100 pages qui expose les chiffres de l’année précédente.

Préjudices d’une ampleur inédite

Ainsi, dans l’arc jurassien, les dommages sont plus importants que le long des Préalpes. Épicéas, hêtres, chênes et sapins blancs ont souffert de la sécheresse. Ces derniers ont même subi des préjudices d’une ampleur inédite. En effet, s’ils tolèrent mieux la chaleur que les autres essences, ils supportent toutefois mal la combinaison de la chaleur et de la sécheresse.

Dans les régions les plus fréquemment touchées par cette dernière, comme le nord du Jura, le Valais et les Grisons (à l’exception des régions d’altitude et de l’Engadine), les peuplements forestiers sont aujourd’hui très affaiblis, selon l’OFEV. Une situation qui favorise la propagation d’agents pathogènes et entraîne le dépérissement d’arbres.

Paradoxe

La forte mortalité des hêtres au pied nord du Jura et le nombre élevé de cas d’infestation d’épicéas par le bostryche typographe sur le Plateau septentrional et oriental ainsi que dans le Jura en témoignent. Ces conditions de sécheresse ainsi que les tempêtes hivernales du début de 2018 ont paradoxalement profité à l’économie forestière en favorisant la prolifération des bostryches, donc les coupes.

«Nouvelles réjouissantes dans un contexte qui ne s’y prêtait pas», note l’OFEV, la récolte de bois en 2018 a dépassé les cinq millions de mètres cubes pour la première fois depuis 2011, à 5,2 millions, en hausse de 11% par rapport à 2017. L’OFEV relève que la campagne de sensibilisation «Woodvetia – Le pays du bois» contribue également à soutenir l’utilisation accrue de bois suisse.

Reboisement

Des coupes importantes impliquent un reboisement. Face à l’évolution climatique constatée et fort des conclusions d’un programme de recherche, des plantations expérimentales vont être cultivées dans toutes les régions de Suisse. Les autorités disposent désormais pour ce faire d’un prototype d’application sur les essences d’arbres qui fournit, pour chaque point de la forêt suisse, une recommandation d’essence adaptée en se fondant sur deux scénarios climatiques différents.

En 2018, la forêt couvrait 31% de la Suisse. Sa surface a augmenté de quelque 1448 ha, soit 0,11% par rapport à 2017. Près de 71% des forêts sont en mains publiques. En 2018, le taux de reboisement a oscillé entre 23% ou 24% sur le Plateau, respectivement dans les Alpes, jusqu’à 49% dans le Jura.

ATS

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