14.09.2020, 21:04

Le Conseil des Etats rejette les initiatives sur les pesticides

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Le Conseil fédéral a rappelé qu'il avait déjà pris des mesures contre les pesticides (image d'illustration).

Agriculture Le Conseil des Etats a rejeté lundi l’initiative populaire «pour une Suisse sans pesticides de synthèse», ainsi que celle «pour une eau potable propre et une alimentation saine».

L’initiative populaire «pour une Suisse sans pesticides de synthèse» et celle «pour une eau potable propre et une alimentation saine» vont trop loin. Malgré la mobilisation de la gauche, le Conseil des Etats a suivi lundi le National et recommande de les rejeter.

La décision au sujet du texte sur les pesticides de synthèse est tombée jeudi par 28 voix contre 9. Celle concernant l’eau potable par 29 voix contre 8.

Le camp rose-vert n’est pas parvenu à infléchir la chambre des cantons. L’eau est l’aliment le plus important, a plaidé Roberto Zanetti (PS/SO). Selon lui, «le pire des péchés» serait de laisser à nos descendants des eaux polluées.

«Nous semons la mort»

Le système actuel «n’est pas viable, par quel autre système pouvons-nous le remplacer ?», s’est interrogée Adèle Thorens Goumaz (Verts/VD). Evoquant la Stratégie énergétique 2050, la Vaudoise a appelé de ses voeux un changement de paradigme, une transition vers une agriculture plus durable.

 

 

«Nous semons la mort» dans nos campagnes et «nous, humains, l’avalons chaque jour en mangeant et en buvant», a renchéri Céline Vara (Verts/NE), en se disant «très mécontente» du projet approuvé un peu plus tôt par les sénateurs. Avec ce texte, «nous tentons de cohabiter avec des produits hautement toxiques», a-t-elle dénoncé.

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Ce qu’on mange dans ce pays, c’est sain, lui a répondu Guy Parmelin. Reconnaissant qu’il y a encore des efforts à faire, le ministre de l’agriculture a souligné que d’«énormes progrès» ont été réalisés ces 20-25 dernières années, même dans des exploitations qui ne sont pas bio.

Impact «dramatique»

Le Conseil fédéral est en accord avec les initiant sur la nécessité d’agir, mais les initiatives vont beaucoup trop loin, a-t-il souligné. Elles pourraient même avoir des effets «dramatiques» pour l’agriculture et la sécurité alimentaire.

Elles pourraient conduire à une diminution de la production agricole et à une hausse des coûts, a-t-il mis en garde. Elles pourraient aussi provoquer des problèmes d’hygiène et une hausse du tourisme d’achat.

En outre, il est à craindre que certaines exploitations ne quittent le système des paiements directs. Elles ne seraient plus obligées de suivre les exigences. Au lieu de diminuer, la charge environnementale risque d’augmenter, tout en respectant les lois en vigueur.

Mesures décidées

«On ne part pas de zéro», a relevé M. Parmelin. Le Conseil fédéral a déjà pris toute une série de mesures qui permettront de réduire de manière efficace et concrète l’impact des pesticides sur l’environnement, sans qu’il n’en résulte d’impact négatif.

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A droite, Peter Hegglin (PDC/ZG) a rappelé qu’il n’était pas possible de renoncer tous les produits chimiques. Cela peut avoir des effets négatifs, a-t-il souligné. Il faut faire valoir le principe de précaution, mais aussi garantir la sécurité alimentaire de notre pays, a renchéri Olivier Français (PLR/VD).

Hannes Germann (UDC/SH) a pour sa part dénoncé deux initiatives «extrêmes». Elles menacent la production alimentaire et risquent de l’affaiblir. Dans une situation de crise, la Suisse deviendrait dépendante de l’étranger, a-t-il ajouté.

Interdiction totale

L’initiative sur les pesticides de synthèse demande d’interdire l’utilisation de ces produits dans la production agricole ainsi que pour l’entretien des sols et des paysages. Elle réclame également l’interdiction d’importer à des fins commerciales des denrées alimentaires qui contiennent des pesticides de synthèse ou qui ont été fabriquées à l’aide de ces produits.

L’autre initiative vise à garantir la qualité de l’eau potable. Les agriculteurs ne pourraient toucher de paiements directs qu’à la condition de respecter des exigences écologiques comme la préservation de la biodiversité, une production sans pesticides et des animaux nourris avec le fourrage produit dans l’exploitation.

Ces subventions seraient coupées aux paysans administrant préventivement ou régulièrement des antibiotiques à leurs animaux. L’octroi d’autres aides (recherche, formation, investissement) dépendrait des mêmes conditions.

ATS

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