Les cantons veulent privilégier l'enseignement de deux langues étrangères dès la primaire

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Enseignement des langues Les cantons, réunis en assemblée plénière à Bâle, veulent privilégier l'enseignement de deux langues étrangères en primaire.

  31.10.2014, 13:27
Les enseignants de l'école obligatoire sont les plus touchés.

Les élèves de primaire devraient apprendre deux langues nationales. Selon les cantons, réunis en assemblée plénière vendredi à Bâle, les écoles devraient appliquer le modèle 3/5 qui prévoit l'apprentissage d'une deuxième langue nationale et de l'anglais avant le secondaire.

La Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) "entend continuer à œuvrer pour une solution intercantonale allant dans ce sens", a-t-elle indiqué à l'issue de sa séance. Elle préfère toutefois attendre l'année prochaine avant de prendre une décision concrète.

Il faut du temps pour qu'un enseignement plus précoce des langues puisse faire ses preuves dans la pratique, pour que ses effets puissent être évalués et pour que des améliorations puissent, si nécessaire, être apportées, se justifie-t-elle. "Ce serait donc une erreur que de procéder maintenant à des changements".

Pression sur les cantons

Un avis qui risque de déplaire à la commission de l'éducation du Conseil national. Début octobre, elle avait mis la pression sur les cantons pour qu'ils rendent obligatoire l'apprentissage d'une deuxième langue nationale dès la primaire.

Une initiative parlementaire est sur la table, avait menacé son président Matthias Aebischer (PS/BE). La commission se prononcera sur le texte durant la session d'hiver, soit après l'assemblée de la CDIP, avait-il annoncé.

L'apprentissage de deux langues étrangères, dont une langue nationale, fait partie des éléments fondamentaux du concordat HarmoS entré en vigueur en 2009. Les cantons signataires sont tenus par un compromis d'en appliquer le principe. Ils ont six ans pour le mettre en oeuvre.

Pour les soutenir, la CDIP souhaite lancer, avec la Confédération, un programme national d'échanges destiné aux enseignants. Ce type de pratiques devraient être encouragées non seulement pour les profs, mais aussi pour les élèves, abondent les deux faîtières des associations d'enseignants romand (SER) et alémanique (LCH).

Contrairement au modèle 3/5 en vigueur actuellement dans la plupart des cantons - qui ne prévoit pas d'ordre dans lequel les langues doivent être introduites -, les deux associations privilégient l'apprentissage d'une deuxième langue nationale au plus tard dès la troisième année.

Intervention du gouvernement

Pour le moment la CDIP préfère attendre et dresser un bilan en 2015. "S'il s'avère alors que les cantons n'ont pas atteint une harmonisation suffisante en ce qui concerne l'enseignement des langues, la coordination dans ce domaine devra dans ce cas être assurée d'entente avec les organes fédéraux concernés", écrit-elle dans son communiqué.

La CDIPinvite donc les gouvernements et Parlements cantonaux à contribuer à une solution coordonnée dans le domaine de l'enseignement des langues, "conformément à leur mandat constitutionnel".

Car si les cantons ne s'accordent pas, le gouvernement a le droit d'intervenir. A l'instar de la CDIP, le conseiller fédéral Alain Berset, présent à Bâle, avait toutefois indiqué que le gouvernement préférait attendre l'année prochaine.

Si les cantons en font la demande, le Conseil fédéral pourrait par exemple rédiger "une déclaration de force obligatoire générale du concordat Harmos sous forme d'un arrêté fédéral". Une majorité des partis pencherait toutefois plutôt pour un renforcement de la loi sur les langues.

La polémique enfle

La polémique sur les langues a pris de l'ampleur depuis que les gouvernements thurgovien et nidwaldien se sont prononcés en faveur de la suppression de l'enseignement du français à l'école primaire.

Même si le Conseil d'Etat nidwaldien a entre-temps été désapprouvé par son Parlement - qui souhaite que deux langues soient enseignées à l'école primaire - la controverse n'est pas près de diminuer, puisque d'autres cantons comme les Grisons, Schaffhouse ou Lucerne pourraient leur emboîter le pas.

Les directeurs cantonaux de l'instruction publique se voulaient néanmoins rassurants: ces interventions politiques "n'ont, jusqu'à ce jour, abouti à aucune décision définitive ni à aucun changement dans la pratique".


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