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Loup et lynx: la révision de la loi ne plaît guère à certains cantons

De peur de se perdre dans les méandres administratifs, certains cantons concernés par la révision des Plans Loup et Lynx demandent davantage de souplesse.

04 sept. 2014, 11:29
La révision des Plans Loup et Lynx ne plaît guère à certains des cantons directement concernés, qui craignent de se perdre dans des méandres administratifs et d'être dépassés par la hausse des populations de prédateurs.

La révision des Plans Loup et Lynx ne plaît guère à la majorité des cantons directement concernés, qui craignent de se perdre dans des méandres administratifs et d'être dépassés par la hausse des populations de prédateurs. Ils souhaitent plus de compétences.

A l'instar de la Conférence des directeurs cantonaux de la chasse, le Valais, Vaud, Fribourg et St-Gall font remarquer que les Plans Loup et Lynx sont trop complexes et difficilement applicables dans la pratique. Ils doivent être retravaillés et "bureaucratiquement simplifiés", écrit la conférence.

Le Conseil d'Etat valaisan doute ainsi que leur mise en oeuvre soit aisée pour les cantons. Sur le fond, il juge que le statut d'espèce menacée n'est plus d'actualité pour le loup et que le nouveau plan devrait en tenir compte.

Il déplore en outre que le bien-être de la population confrontée au loup ne soit pas mentionné. Il estime que la volonté de la population directement concernée doit peser dans la balance et permettre aux cantons d'intervenir plus facilement. Il manque en outre une approche pragmatique pour les critères de tir.

Manque de coordination

Le Valais relève aussi le manque de coordination entre les Plans Loup et Lynx. A l'instar de Fribourg, Vaud et Berne, il s'interroge sur la manière dont les cantons abritant les deux prédateurs dans la même région doivent agir.

Enfin, concernant la protection des troupeaux, il note que la Suisse mène une politique semblable à celle de la France, en proie à de gros dégâts. Pourquoi la situation en Suisse à long terme devrait-elle être meilleure qu'en France? Le plan Loup révisé ne répond pas à cette question, relève le Valais.

Vaud accepte la révision "sous condition". Il demande de simplifier la mise en oeuvre, de pouvoir abattre plus facilement les animaux déviants et procéder à des tirs d'effarouchement.

Le canton de St-Gall, particulièrement concerné en tant que voisin de la meute de Calanda (GR), n'est que partiellement satisfait. Il juge aussi les plans trop complexes et inapplicables. Il demande un abaissement des critères de tir afin de permettre une régulation rapide et ciblée des effectifs de loups comme de lynx.

"Expansion à grande échelle"

Le canton de Fribourg souhaite que divers points soient précisés au niveau du cadre et des objectifs, notamment la question de "l'expansion à grande échelle" du loup et du lynx. Il n'est pas exclu qu'un loup s'installe sur le Plateau si les conditions le permettent, note le canton, rappelant la mort de quatre moutons en décembre dernier à Suchy et Corcelles-sur-Chavornay (VD).

Fribourg souligne également que les mesures de protection des troupeaux ne sont pas applicables partout et que les critères de tir doivent en tenir compte. De même, la présence de chiens de protection des troupeaux peut être problématique dans les régions touristiques.

Le canton de Berne approuve globalement les deux plans, notamment pour ce qui est de la protection des troupeaux. Contrairement aux autres, il souhaite que les critères autorisant le tir de loups ne soient pas modifiés par rapport à ceux du plan actuel et se félicite des expériences positives tirées de sa stratégie "Gestion du loup dans le canton de Berne".

Le canton des Grisons n'avait pas encore pris position jeudi.

Partis critiques

Du côté des partis, les positions sont également très tranchées. Pour l'UDC, "il n'y a pas de place dans notre petit pays pour les grands prédateurs et il n'y a donc pas besoins de concepts mais au contraire d'une intervention rapide des cantons compétents afin de réduire les effectifs".

Et comme déjà décidé par le Parlement, il s'agit de s'attaquer sans délai à la résiliation de la Convention de Berne, écrit le parti, qui s'insurge contre les "tactiques dilatoires" du département concerné.

Le PLR rejette de même catégoriquement le projet, pour des raisons financières. Les coûts sont disproportionnés, selon lui: 1,9 million de francs pour la protection des troupeaux en 2014. Ce chiffre devrait augmenter à 2,9 millions pour les années 2015 à 2017 et il n'inclut pas les frais administratifs et de personnel, note le PLR.

Pour les Verts ces concepts représentent un affaiblissement du principe de protection des espèces qu'ils jugent "inacceptable". Ils rejettent l'extension des critères d'intervention proposée, tant pour le loup que pour le lynx, la survie de ces deux espèces en Suisse n'étant pas assurée. En outre, la marge de manoeuvre des cantons est trop importante, selon le Parti écologiste.

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