Meurtre de Marie: pas d'ouverture d'enquête disciplinaire, la juge déplacée

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ENQUETE L'expert chargé de l'enquête administrative révèle qu'il n'a pas constaté de négligence des intervenants. La juge qui a pris la décision d'accorder l'effet suspensif au meurtrier a été déplacée au Tribunal cantonal vaudois.

  30.08.2013, 12:52
C'est dans le bois de la Scie, au bord de l'Arbogne sur la commune de Châtonnaye qu'a été découvert le corps de Marie.

Aucun comportement répréhensible ne peut être reproché à ceux qui ont suivi le détenu Claude D. qui a enlevé Marie près de Payerne le 13 mai et l'a tuée. Dans son rapport, l'ancien procureur soleurois Felix Bänziger estime qu'il n'y a pas lieu d'ouvrir une procédure disciplinaire ou pénale contre quiconque.

Plus de trois mois après le meurtre de la jeune femme de 19 ans qui a soulevé une émotion considérable, l'ancien procureur du canton de Soleure a livré vendredi les conclusions de son enquête administrative. Felix Bänziger s'est dit conscient des «attentes du public» après de tels drames, «mais je n'ai pas trouvé de dysfonctionnements», a-t-il déclaré.

Pas de complaisance

«Il n'y a pas de faute institutionnelle ou personnelle», a-t-il poursuivi. Il a relevé qu'il aurait «volontiers» mis en exergue des négligences coupables s'il en avait trouvé.

Claude D., 36 ans, a été condamné en juin 2000 à 20 ans de prison pour le viol et l'assassinat de son amie. Il avait obtenu en août 2012 les arrêts domiciliaires. Puis, il avait été réincarcéré le 23 novembre suite notamment à des propos pornographiques sur un site. Saisi d'un recours, la juge d'application des peines lui avait accordé l'effet suspensif.

Tout est défendable

La décision de la juge d'application des peines d'accorder l'effet suspensif permettant de remettre le détenu aux arrêts domiciliaires était «défendable». La décision inverse aurait été tout aussi défendable, a affirmé Felix Bänziger.

En outre, plutôt que de bénéficier d'arrêts domiciliaires, Claude D. aurait pu être mis au régime du travail extérieur. Il aurait ainsi passé les soirées et les week-ends en prison, a noté l'ancien procureur général soleurois.

Changement de poste

Très controversée après le drame, la juge d'application des peines va changer de poste, a indiqué Jean-François Meylan, président du Tribunal cantonal vaudois. Elle va rejoindre le Tribunal des mineurs. C'est un poste «de même rang» et il ne s'agit pas «d'un déplacement sanction», a-t-il assuré.

Dans son rapport de 50 pages, Felix Bänziger formule en outre neuf recommandations concrètes qui concernent la justice et l'administration. Parmi elles, on peut relever l'introduction d'un droit de recours en faveur de l'administration à l'encontre des décisions sur recours du juge d'application des peines.

Les proches de Marie refusent de polémiquer

La famille de Marie ne veut pas polémiquer sur le rapport Bänziger car cela «ferait le jeu» de Claude D., le meurtrier de la jeune femme, réagit vendredi Jacques Barillon. L'avocat de la famille se dit très choqué des errements de certains experts psychiatres qui se sont «fourvoyés» sur la dangerosité du récidiviste.

Dans un communiqué, Jacques Barillon affirme que Claude D. veut se poser «en victime de la société et des institutions en général». Pour cette raison, la famille refuse de prendre part à «une quelconque polémique que le rapport Bänziger pourrait, le cas échéant, provoquer».

L'ancien procureur général du canton de Soleure a livré vendredi les conclusions de son enquête administrative. A ses yeux, personne n'a eu de comportement répréhensible dans le suivi du détenu qui a pu bénéficier d'arrêts domiciliaires alors qu'il était condamné à 20 ans de prison pour viol et assassinat de son amie. Le 13 mai, il a enlevé Marie près de Payerne et l'a tuée.

Ce qui ressort du rapport et choque «particulièrement» Jacques Barillon, ce sont les diagnostics et recommandations de certains experts psychiatres. «Ils se sont totalement fourvoyés sur l'extrême dangerosité de D. et sur le risque de récidive évident qu'il présentait», écrit l'avocat. «La mission de l'expert psychiatre dans le cadre de la présente procédure sera d'une importance fondamentale», ajoute-t-il


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