07.05.2018, 12:07

Réchauffement: quel est le plan suisse pour réduire nos émissions de CO2 et mettre en œuvre l'Accord de Paris?

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En mai 2011, le niveau du lac de Sihl – le plus grand lac artificiel de Suisse - près d’Euthal, dans le canton de Schwyz, avait baissé de façon spectaculaire.

environnement En ratifiant l’Accord de Paris, la Suisse s’est engagée à réduire de moitié ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à leur niveau de 1990. Que va-t-on faire concrètement? Décryptage.

Depuis la mise en place de mesures systématiques comparables au niveau international, en 1864, la température moyenne mondiale a augmenté de 0,9 °C. Selon les régions, cette augmentation est parfois bien plus importante. En Suisse, elle se situe déjà autour de 2°C, rapporte mercredi l’Office fédéral de l’environnement qui publie la brochure "La politique climatique suisse – Mise en œuvre de l’Accord de Paris". C'est le mode d'emploi pour respecter l'engagement pris à Paris pour réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre et atteindre, à l'horizon 2050, la neutralité climatique et un maximum d'une tonne d'équivalent C02 par an et par habitant.

Pourquoi il est urgent d'agir?

Pour lutter contre le Réchauffement climatique, il faut absolument contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C.

A lire aussi : Climat: le niveau des océans pourrait augmenter de 65 centimètres d'ici 2100

Pour atteindre cet objectif, les émissions de CO2 dans l’atmosphère ne devront pas dépasser 2900 milliards de tonnes. Depuis le début de l’ère industrielle, au XVIIIe siècle, et jusqu’en 2016, 2070 milliards de tonnes ont déjà été émises – essentiellement par les pays riches. Ainsi, le budget de CO2 restant s’établit à 830 milliards de tonnes tout au plus, dans la mesure où le réchauffement mondial est contenu à un niveau supportable. Actuellement, 36 milliards de tonnes de CO2 sont émises en moyenne chaque année. À ce rythme, le budget disponible sera mathématiquement épuisé à l’horizon 2040.

 

 

Il faut donc freiner rapidement la tendance actuelle des émissions, en renonçant par exemple à l’exploitation d’une grande partie des réserves connues de charbon, de pétrole et de gaz naturel, et de recourir à des technologies neutres en carbone.

 

Dans "C'est pas Sorcier", Jamie explique, en 1mn30, le rôle de l'homme dans le réchauffement climatique:


 

 

Est-ce que les Suisses sont de gros pollueurs?

La Suisse s’est fixée comme objectif intermédiaire de diviser par deux ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Selon le Conseil fédéral, elle devrait même parvenir à réduire ses émissions de 70 à 85% d’ici à 2050 par rapport à 1990. 

Pour la Suisse, la part annuelle «indigène» de l’empreinte gaz à effet de serre s’établit aujourd'hui à près de 6 tonnes d’équivalents-CO2 par habitant. C'est moins que l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie ou encore le Japon. Mais nous devons importer la plupart des matières premières utilisées chez nous et nous sommes de grands voyageurs, ce qui fait grimper la part «étrangère» de notre empreinte de plus de 8 tonnes par habitant et par an. L’empreinte totale se situe ainsi à environ 14 tonnes par habitant et par an.

A lire aussi : Climat: une alliance souhaite que les Suisses paient plus cher pour prendre l'avion

 

 


 

Quel est le plan pour diminuer nos émissions de CO2?

Pour la Suisse, la priorité, c'est la réduction des émissions liées aux combustibles fossiles et aux carburants. Les gros consommateurs sont connus: les transports, le bâtiment, l'industrie et le traitement des déchets.

Des voitures moins polluantes

Comme ailleurs en Europe, les constructeurs automobiles ne peuvent plus commercialiser des véhicules qui émettent trop de CO2. Mais c'est la taxe sur le CO2 perçue sur les combustibles fossiles (essence, diesel, mazout...) qui reste l’élément central de la politique climatique suisse. Le plafond est fixé à 5 centimes par litre. Les montants sont réinvestis dans des projets de compensation en Suisse, comme le soutien à la construction de centrales de biomasse, les biocarburants, les centrales de chauffage à distance ou l'aide à l'achat de véhicules hybrides ou électriques.

Des maisons mieux isolées

Le Programme Bâtiments subventionne, lui, l'assainissement des anciens bâtiments énergivores ou l'installation de systèmes de chauffage durable (bois, pellets, pompe à chaleur, solaire...)

Des entreprises plus responsables

Les émissions de CO2 de l'industrie sont en léger recul depuis 1990. La méthode pour accélérer le mouvement? Toucher les entreprises au porte-monnaie, avec un système de quotas d'émissions. La Confédération leur accorde une forme de droit d'émettre du CO2. Il est gratuit, mais il diminue chaque année. Si on émet plus, on doit acheter des droits supplémentaires. Si on pollue moins, on peut revendre ses droits inutilisés.

Des usines d'incinération plus propres

Berne a signé des accords avec les incinérateurs de déchets qui s'engagent à réduire leur production de CO2. Grâce à un fonds technologique, des recherches sont menées pour trouver de nouvelles méthodes ou de nouveaux outils plus respectueux de l'environnement. Malgré tout, avec l'augmentation de la population et de la consommation, les émissions issues de l'incinération de nos déchets sont en augmentation depuis 1990.

En savoir plus : consulter la brochure «La politique climatique suisse – Mise en œuvre de l’Accord de Paris»


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