Les breaks n'ont pas dit leur dernier mot

Les breaks, que l’on appelait aussi «commerciales», étaient à l’origine destinés aux artisans et au transport de marchandises. Capable d’engloutir dans son coffre les bagages de quatre personnes, la poussette du petit dernier, le panier de pique-nique et même le chien, ce type de voiture est devenu, au cours des années 60 à 80, la voiture familiale par excellence.

Chaque marque ou presque proposait son ou ses modèles dérivés d’une berline. Cette silhouette venue d’outre-Atlantique est ensuite détrônée par les monospaces au milieu des années 80, puis les SUV dès les années 2000. Détrôné, mais jamais abandonné, puisque la clientèle européenne a toujours réservé un bon accueil au break, en absorbant bon an mal an deux tiers des ventes mondiales avec environ 1 million de véhicules vendus.

Une question d'image

Les marchés de prédilection sont notamment l’Allemagne, où l’offre est fournie, et l’Italie, où les breaks jouissent d’un statut de familiales «cool» mêlant sportivité, style et praticité. Plus au nord, en Scandinavie, les breaks sont préférés pour leur côté utilitaire et pratique dans les conditions hivernales rigoureuses. Il suffit de constater le nombre de breaks Volvo et feu Saab de tous âges dans les rues des agglomérations scandinaves.

En Suisse, le break peut toujours compter sur une clientèle fidèle, bien comblée par les versions tantôt luxueuses tantôt sportives et à transmission intégrale des marques premium.

Mercedes redore le break

La nouvelle Mercedes-AMG C63 S E Performance et ses 680 chevaux.

Si les aspects pratiques du break ne sont plus à démontrer, ils ont su aussi s’affranchir de leur image de déménageur, notamment sous l’impulsion des constructeurs allemands. AMG, alors encore préparateur indépendant de Mercedes-Benz dans les années 70 et 80, développe sur commande des breaks surpuissants.

La tradition des breaks est par ailleurs toujours vive chez le constructeur à l’étoile qui dispose de l’un des plus grands choix du marché. L’offre se décline sur le CLA Shooting Brake, sur la Classe C et la Classe E. Différentes tailles et versions qui satisferont aussi bien les pères de famille placides et vertueux que les baroudeurs (All-Terrain) ou les plus pressés avec les modèles AMG.

La dernière-née de la famille, la très affûtée Mercedes-AMG C63 S E Performance, dispose de pas moins de 680 chevaux et 1020 Nm de couple en pointe, et jouit de technologies issues de la formule 1.

Sportivité et luxe

Les déclinaisons sportives ont permis aux breaks de devenir ô combien désirables. BMW a ouvert la voie de la grande série avec sa M5 Touring en 1992, et l’actuelle M3 perpétue la lignée en s’affichant aussi en break dès cette année. Audi a porté sa gamme RS sur les fonts baptismaux en 1993 avec la désormais mythique RS2, break sportif dérivé de l’Audi 80 Avant d’alors et développé avec Porsche.

La Audi RS6, indiscutablement un des break les plus réussis.

En 1999, la RS4 de première génération n’était disponible qu’en break et seule la deuxième itération sur les quatre que compte le modèle aujourd’hui accueillait une berline. Suivra en 2002, la RS6 dont le succès n’a jamais été démenti à ce jour. Dans le luxe, Jaguar choisit cette silhouette pour se diversifier et se démocratiser à l’orée des années 2000, avec la X-Type dont la variante break «Estate» a rencontré un joli succès sous nos latitudes.

La saga continue aujourd’hui avec la XF Sportbrake à l’élégance toute britannique. Plus récemment, Porsche a franchi le pas en déclinant sa Panamera e son électrisant Taycan en breaks «Sport Turismo». Même Ferrari s’est essayé au break de chasse sur les FF et GTC 4 Lusso qui permirent aux ferraristi de rouler au quotidien au volant de leur marque préférée.

La prestigieuse marque Jaguar et sa XF Sportbrake.


Les atouts du break

Loin d’être has been, les breaks disposent de qualités indéniables face aux crossovers et SUV. Il n’est pas rare d’ailleurs que l’habitabilité soit meilleure à bord d’un break, à catégorie équivalente. Sur le plan technique, leur centre de gravité bas ne nécessite pas d’artifices techniques sophistiqués et de suspensions outrageusement raides pour juguler les effets de la physique sur la caisse.

En résulte une agilité et un confort accrus, un ressenti naturel dans le comportement et surtout un poids contenu. Un aspect qui devient un vrai atout sur les modèles électrifiés, le poids étant l’ennemi numéro un de l’autonomie électrique. En se conjuguant à une aérodynamique également plus favorable, le bilan, aussi bien en termes de consommation que d’usure de pneus et de freins, plaide en faveur des breaks.

Contre-attaque de style

S’agissant du style, fini l’image disgracieuse de la «berline à sac à dos» des débuts: les plus grands designers de l’industrie ont cousu des robes sur mesure pour de nombreux breaks. Ils arborent sans rougir les codes tendance tels que les nervures de carrosserie, les épaulements marqués à l’arrière ou encore les surfaces vitrées réduites. A tel point d’ailleurs que certains modèles affichent des proportions plus plaisantes à l’oeil en break qu’en berline. C’est dire!

Nouvelle venue chez BMW, la Touring M3 semble prête à s'imposer comme une référence dans le domaine.

Tous les goûts sont bien évidemment dans la nature, mais à l’heure actuelle choisir un break, c’est se démarquer de la masse SUVienne, affirmer son dynamisme et surtout évoluer à bord d’un véhicule aux atours plus «acceptables» aux yeux des «autophobes» urbains, quand bien même vous opteriez pour une version sportive, les chevaux débordent du capot. Mais chut! Il ne faut pas le dire trop fort…