Espace: un système de caméra suisse va aider à savoir s’il y a eu de la vie sur Mars

Le système de caméra «Clupi», développé par Space-X à Neuchâtel, va embarquer à bord d’un robot de la mission ExoMars en 2022 pour comprendre s’il y a eu de la vie sur mars. Des chercheurs de l’Université de Bâle travaillent notamment sur le projet.

27 mars 2020, 11:00
Reconstruire l'histoire climatique de Mars pourrait aider à mieux comprendre celle de notre planète. (Illustration)

Y a-t-il eu de la vie sur Mars? C’est à cette question qu’un robot de l’Agence spatiale européenne (ESA) va tenter de répondre à l’aide d’un système de caméra conçu en Suisse.

De la roche rouge, de la caillasse grise et quelques grosses pierres, le tout surmonté d’une image panoramique de Mars prise par le rover Curiosity, avec un ciel un peu jaune… On s’y croirait s’il n’y avait également des projecteurs, un bureau et des écrans d’ordinateurs.

C’est de là que Nikolaus Kuhn, de l’Université de Bâle, donne des ordres à un petit engin monté sur de larges pneus et surmonté d’une caméra reflex à miroirs, qui s’ébranle en bourdonnant sur le sol martien reconstitué.

«Un studio de photo pour Mars»

Le Pr Kuhn appelle cela un «studio de photo pour Mars». Dans ce laboratoire martien de l’alma mater bâloise installé à Witterswil (SO), il teste avec ses collègues les conditions dans lesquelles une caméra développée à Neuchâtel devra faire des images en gros plan du sol de Mars. Il s’agit notamment de déterminer quelles sont les conditions de luminosité et de contraste les mieux à même de faire ressortir les structures fines des roches martiennes.

Développé par le Space Exploration Institute (Space-X) à Neuchâtel et construit par Thales Alenia Suisse, le système de caméra «Clupi» (pour Close-Up Imager) doit embarquer à bort du robot «Rosalind Franklin» de la mission ExoMars des agences spatiales européenne ESA et russe Roskosmos. Le départ prévu cette année a été reporté à 2022.

Plus de temps pour des tests

«Théoriquement, on aurait pu partir, mais il y aurait eu un certain risque que la mission échoue», a indiqué à Keystone-ATS Jean-Luc Josset, de Space-X, directeur de l’équipe scientifique autour de Clupi. Outre la nécessité de tests supplémentaires des équipements informatiques, l’épidémie de coronavirus est venue perturber les préparatifs.

Théoriquement, on aurait pu partir, mais il y aurait eu un certain risque que la mission échoue.
Jean-Luc Josset, directeur d’une équipe scientifique de Space-X

Cela signifie donc que le laboratoire installé à Witterswil dispose de davantage de temps pour tester tous les paramètres et se préparer à des situations particulières. Il faut dire que la mission dépend largement d’un fonctionnement optimal de Clupi.

ExoMars (pour exobiologie des Mars) vise en effet à détecter d’éventuelles traces de vie passée sur la planète rouge. La sonde TGO (Trace Gas orbiter) se trouve déjà en orbite de Mars depuis 2016.

Le rover doit quant à lui y être déposé en 2023 pour prélever et analyser des échantillons de roches pendant six mois à une douzaine d’endroits différents. Outre la caméra, il dispose d’un mini-laboratoire.