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Des chercheurs découvrent comment les oiseaux ont perdu leur pénis

L'organe sexuel mâle des oiseaux est normalement présent au premier stade du foetus avant de disparaître presque entièrement. Des chercheurs américains en ont découvert le mécanisme génétique.

07 juin 2013, 12:53
Les coqs n'ont pas de pénis comme la plupart des oiseaux. Mais pourtant, au premier stade du foetus, l'organe sexuel mâle est normalement présent avant de disparaître presque entièrement. Des chercheurs américains ont réussi à découvrir le mécanisme génétique.

Les coqs n'ont pas de pénis comme la plupart des oiseaux. Mais pourtant, au premier stade du foetus, l'organe sexuel mâle est normalement présent avant de disparaître presque entièrement. Des chercheurs américains ont réussi à découvrir le mécanisme génétique.

"Notre recherche montre que la réduction du pénis pendant l'évolution des oiseaux a résulté de l'activation d'un mécanisme de programmation de mort des cellules dans un nouvel endroit qui est le haut du pénis émergent", explique Martin Cohn, du Howard Hughes Medical Institute en Floride, principal auteur de ces travaux publiés jeudi dans la revue américaine "Current Biology".

"La régulation de l'équilibre entre la prolifération des cellules et leur mort est essentielle pour le contrôle de la croissance et du développement" des organismes, relève-t-il.

"Si cet équilibre pointe dans une direction ou une autre, une division cellulaire déficiente ou un excès de mort des cellules peut s'en suivre entraînant le sous-développement ou l'absence de tissus ou d'organe", précise le scientifique.

Activation d'un seul gène

Dans le développement des poulets, l'activation d'un seul gène, appelé Bmp4, provoque la disparition du pénis. Chez les canards et les émeus ce même gène reste inactivé et leur pénis continue à se développer pleinement.

La raison pour laquelle ce gène est activé au détriment du pénis chez les poulets et la grande majorité des volatiles reste obscure, note Ana Herrera de l'université de Floride et principal coauteur de l'étude. Selon elle, ce trait biologique pourrait laisser un plus grand contrôle aux poules pour leur reproduction.

Sans pénis, le coq transmet son sperme par l'orifice cloacal en se collant sur la femelle qui est aussi dotée du même orifice.

Nouveaux mécanismes de développement

"Les organes génitaux sont les organes qui évoluent le plus rapidement chez les animaux, des mollusques aux mammifères et sont plus souvent le plus affectés par des défauts congénitaux", précise Martin Cohn.

Disséquer les fondements moléculaires des variations biologiques naturelles résultant de l'évolution peut conduire à des découvertes de nouveaux mécanismes du développement embryonnaire dont certains sont totalement inattendus, estiment ce chercheur.

"Ceci nous permet non seulement de comprendre comment l'évolution fonctionne mais aussi d'avoir de nouveaux éclairages sur des causes possible de malformations", juge-t-il.

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