Les meilleurs albums à offrir pour Noël en jazz-world, electro et rock

Petite sélection non-exhaustive des albums et EPs les plus enthousiasmants de la fin de l'année . L'Egyptienne Natacha Atlas revient avec un album de jazz, aidé du petit génie Ibrahim Maalouf. Le Suisse FlexFab propose avec "Loas" une petite bombe pour égayer vos soirées fondues au chalet.

08 déc. 2015, 15:53
/ Màj. le 08 déc. 2015 à 16:23
Natacha Atlas du groupe anglais Transglobal Underground à l'époque de son escapade solo au Paléo Festival en 1998.

Natacha Atlas "Myriad Road" (Decca/Universal): la Belgo-Egyptienne plante un décors surprenant, subjugant même, "Heaven's breath" fait décoller les oreilles et fait penser à une bande son féérique, un générique à la "Lawrence d'Arabie", une ode. Natacha Atlas revient avec "Myriad Road", un opus jazz très frais, cinq ans après son dernier album. La chanteuse s'éloigne de ses albums arabisants et pose ses robes pailletées de danseuse du ventre pour préférer un jazz sensuel, des ambiances tamisées, des ouvertures vers de nouvelles sonorités... du jamais entendu chez elle. Elle abandonne l'arabe et le français pour préférer l'anglais. Ibrahim Maalouf, le trompettiste génial, a invité le batteur André Cecharelli et le multi-instrumentiste Vincent Segal pour composer et jouer sur cet album. "Something" est une petite bombinette be-bop avec flûte traversière magique et piano lancé à 150 à l'heure que n'aurait pas renier Melody Gardot. L'originalité est sans aucun doute l'absence de synthé hypnotique et dansant, de reprises de standards de la chanson française ou de la folk mondiale comme elle l'avait fait par le passé. Mais cet album en regorge de compositions magnifiques.La présence d'un oud en intro de "Nafs el Hikaya" est le trait d'union entre la musique jazz et le monde de la culture arabe chers à Natacha.

FlexFab "Loas" (Feelin Music): L'électronicien neuchâtelois est inspiré sur "Loas". Le musicien joue du breakbeat avec envie et se réjouit d'installer une ambiance futuriste. "A Bright August Day" est une magnifique pièce interprétée avec la Vaudoise Verveine. Un morceau d'une beauté rugueuse, accidentée, difficile à cerner avec ces "à-coups" rythmiques. "Zoo" est Le tube de FlexFab construit comme dans un jeu vidéo avec autant de séquences qu'il y aurait de tableaux à franchir et toujours ce gimmick rassurant tellement efficace quand FlexFab joue live. "Safari" est une excellente façon de s'échapper des jungles urbaines pour se promener dans le désert avec des singes moqueurs et des éléphants écrasant des beats lourds. FlexFab joue et montre son habileté à rendre fou son auditeur. Le collage sonore est géniale, l'assemblage des sons de la nature animale pas du tout convenue. L'humain derrière la machine utilise l'offre organique, sauvage de Dame nature comme un cadeau du ciel pour créer des effets percussifs et des tentatives de faire rentrer l'auditeur dans la transe. "Break-Fast" interprété avec l'appui de Shake It Maschine propulse l'auditeur sur un territoire mondial, tribal, lui aussi africain avec un mélange de lumières et de noirceur. Quant à "Manoir", la fresque picturale et planante du Neuchâtelois, elle conclue ce nouvel EP "Loas" disponible en téléchargement et bientôt dans les bacs.