Coronavirus
 22.11.2020, 14:51

Coronavirus: polémique quant à la préparation de la Suisse face à la deuxième vague

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Anne Lévy, la directrice de l'OFSP, se dit optimiste face à l'évolution de la situation face au coronavirus mais reste préoccupée par les chiffres encore élevés dans certains cantons (archives).

Pandémie La directrice de l’OFSP, Anne Lévy, évoque une amélioration de la situation sanitaire en Suisse. Elle rejette également les accusations concernant la non-préparation de la Suisse pour faire face à la seconde vague de l’épidémie.

La directrice de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), Anne Lévy, parle d’une amélioration de la situation en Suisse face au coronavirus. Elle rejette les accusations affirmant que la Suisse n’était pas suffisamment préparée à la deuxième vague de l’épidémie.

«Cela ressemble à un retournement de tendance», déclare Anne Lévy dans le SonntagsBlick. «Je suis convaincue que nous allons pour le moment dans la bonne direction». Le taux de reproduction du virus s’élève désormais à 0,78 en moyenne en Suisse, et la valeur est encore inférieure en Suisse romande, selon des chiffres publiés par l’EPF Zurich, cités dans la SonntagsZeitung.

Je suis convaincue que nous allons pour le moment dans la bonne direction
Anne Lévy, directrice de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP)

D’un optimisme prudent, Mme Lévy se montre toujours préoccupée par les chiffres encore élevés dans certains cantons. Elle appelle la population à se faire tester. Sa crainte est qu’une partie des Suisses soit fatiguée de faire des tests et «attende trop longtemps, en espérant que ce n’est pas le coronavirus et que cela passera».

Concernant la vaccination contre le Covid-19, elle n’exclut pas de la rendre obligatoire dans certains cas. La loi sur les épidémies prévoit que certaines fonctions ne peuvent être exercées que par des personnes vaccinées, souligne-t-elle.

Anne Lévy admet par ailleurs que personne ne s’attendait à ce que les chiffres augmentent aussi rapidement. Mais elle balaie les critiques affirmant que la Suisse n’était pas prête à affronter la deuxième vague de l’épidémie. «Peu importe à quel point on se prépare, à la fin on n’est pas prêt à tout», explique la directrice.

Manque d’actions en été

Dans les colonnes des journaux du groupe CH Media samedi, David Nabarro, délégué de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le coronavirus, a dénoncé l’absence de mise en place d’infrastructures «nécessaires» durant les mois estivaux. Si rien n’est fait, il y aura une troisième vague au début de l’année 2021, a-t-il estimé.

 

 

Dans Le Matin Dimanche, l’épidémiologiste Emma Hodcroft, de l’Université de Berne, a déclaré qu’il y avait des signes «insidieux» durant l’été: «En juin, juillet, on a vu une croissance très lente des cas. […] Ces chiffres auraient dû nous avertir que, même en été, on n’a pas réussi à ramener l’épidémie sous contrôle.»

Lukas Engelberger, le président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS), prend, lui, la défense des autorités. Il estime dans la SonntagsZeitung qu’il était légitime d’imaginer un scénario positif durant l’été. Il a cependant admis qu’il pouvait imaginer qu’un trop grand relâchement ait permis de raviver le feu qui couvait sous la cendre.

Polémique

De son côté, le conseiller fédéral Ueli Maurer a estimé samedi dans l’émission «Samstagsrundschau» de la SRF que la voie choisie par les autorités était la bonne. Il rejette les accusations affirmant que la crise a échappé à tout contrôle.

M. Maurer a suscité la polémique, notamment sur les réseaux sociaux, en indiquant que le nombre élevé de décès lors de la deuxième vague fait partie d’un «risque consciemment pris» dans une logique de «pesée d’intérêts». Si la santé est «incontestablement» importante, l’économie et la vie sociale doivent aussi pouvoir se poursuivre, a-t-il déclaré.

Anne Lévy écarte l’idée de sacrifier les personnes âgées pour faire tourner l’économie. Elle pense que la Suisse ne se trouve pas dans une situation beaucoup plus mauvaise que le reste de l’Europe, même si chaque décès prématuré est «une mort de trop, tragique et qu’il faut éviter». Lukas Engelberger trouve lui qu’il est trop tôt pour juger, qu’on ne sait pas encore si la situation en Suisse sera au final vraiment pire.

ATS

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