Election présidentielle américaine

Une Founachue en campagne pour faire voter les Américains de La Côte

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Founex Une habitante américaine de Founex fait campagne pour le vote par correspondance. Elle arpente les routes de La Côte pour aller à la rencontre de ses concitoyens.

  16.09.2016, 15:31
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Et si l’élection ou la non-élection de Donald Trump et d’Hillary Clinton se jouait sur La Côte? «Every vote counts. Chaque voix compte!» affirme Terri O’Brien, installée dans son bureau devant un matériel de promo de la campagne. Depuis quelques semaines, cette descendante d’une famille écossaise du Michigan accompagnée de ses amis américains de La Côte impliqués dans la promotion du vote par correspondante enchaînent les séances d’informations. On les a vus à la « Fête au Village » de Founex ou plus récemment au Cercle des Bains de Genève et toute cette équipe continue dans la région, pour un petit-dej' à l'école internationale de la Chataigneriaz à Founex ou dans un des quelques Starbucks de Genève ou Lausanne.

Terri, la jeune retraitée d’une carrière internationale dans la gestion des systèmes informatiques de grandes entreprises, n’arrête pas une seconde. «Chaque voix compte!» répète-t-elle comme un mantra car les derniers sondages donnent les deux candidats à la course Présidentielle américaine au coude à coude. La Founachue, qui a parcouru en quarante ans de carrière de nombreux pays d’Europe, surtout à l’est, sillonne toute La Côte pour se poser dans les lieux fréquentés par les expatriés américains afin de les rappeler à leurs responsabilités et de leur faire faire la démarche d'activer son droit de vote. «L’objectif est de leur faire renouveler leur inscription au prochain scrutin. Un formulaire nommé le FPCA comme la «carte postale d’application fédérale» pour pouvoir voter depuis l’étranger. C'est ce qu'on appelle en anglais "Absentee ballot", un moyen de voter dans son état d'origine, dans son bureau électoral local." La fameuse carte FPCA est très simple à obtenir en ligne ou en rencontrant directement Terri. 

«Il y a 30 000 Américains qui résident en Suisse, je m’occupe d’aller à la rencontre de ceux qui vivent près d’ici. C'est important d'avoir un maximum de votants. La différence peut se jouer de l'étranger. Souvenez-vous dans le cas de l’élection perdue en 2000 par Al Gore qu'il s’en était fallu de très peu pour faire basculer l’élection.» Le système des grands électeurs américains peut réserver des surprises. Le fait qu’un état comme la Floride puisse décider à lui-seul d'une élection avait surpris le monde entier, tout ça pour quelques centaines de voix de différence. La règle du "Winner takes it all" soit une règle qui permet que toutes les voix vont à celui qui obtient la majorité dans l'Etat est évidemment celle qui a le plus de mal à être comprise en dehors des Etats-Unis (lire plus loin). 

Un système informatique pour livrer les résultats en direct

Pour éviter que cette élection 2016 se joue sur un coup de dés et ne tourne au dramatique scénario de 2000, Terri O'Brien, qui milite par ailleurs au sein du parti démocrate, ne compte pas ses heures et se sent pousser des ailes. «Je n’étais pas très active politiquement pendant ma carrière professionnelle. Mais maintenant que je suis retraitée, je me plonge dans cette activité avec plaisir. Je me souviens que j’avais travaillé pour le démocrate Sherrod Brown, aujourd’hui Sénateur de l’Ohio. Il était le Secrétaire d’Etat de cet état du nord du Midwest au milieu des années 80. Mon équipe était responsable du comptage des voix. A cette époque, j’avais mis en place un système informatique de décompte des voix pour une élection. Les reporters attendaient que la machine leur livre les chiffres. Mais il y a eu un petit couac de 20 minutes. C’était terrifiant car il fallait absolument croire en la probité de l’équipe qui avait mis en place ce système. Il fallait éviter que l’on ne nous accuse de tricher en faisant dérailler sciemment le système. Heureusement, nous sommes parvenus à réparer très rapidement. Tout le monde fut très content de pouvoir découvrir les résultats en ‘LIVE’ pour le première fois!»

Terri O’Brien a vécu la fin du communisme et la guerre des Balkans qui a suivi. «Avec des collègues de travail en ex-Yougoslavie qui étaient obligés de choisir entre la nation de leur père ou leur mère, c'était dramatique…» On imagine aisément que Terri, la démocrate "mondiale" goûte moyennement la campagne actuelle où les mots du candidat Trump n’apaise pas les tensions entre l’Amérique blanche middle-class masculine, raciste pour certains et les communautés essayant de vivre sereinement aux Etats-Unis. Elle a grandi dans une famille ambitieuse et dynamique. «Mon père était un businessman, j’ai marché naturellement dans ses pas en travaillant pour Honeywell-Bull en Pologne pour installer leur logiciel de prélèvement de l’impôt, puis chez Pepsi-Cola en Autriche et en Russie, et enfin Novartis en Suisse où je me suis installée pour mon plus grand bonheur en 1999.»

Une élection compliquée à comprendre vu de Suisse

La tête bien faite, le cerveau en ébullition, Terri O’Brien n’en reste pas moins une Américaine affable et accueillante proposant au visiteur de dîner sur le pouce une spécialité mexico-américaine, des enchiladas avec salade et eau glacée dans la plus pure tradition d'hospitalité du peuple américain. Elle pense aujourd’hui à sa mère qu’elle va retrouver très vite et qui a épousé la mentalité positive et volontaire des Américains «alors qu’elle est née en Ecosse, elle a immigré aux Etats-Unis après le deuxième guerre mondiale, c’était la plus à gauche de la famille malgré sa fierté et sa motivation à être américaine.»

On pose la question à Terri, comment comprendre ces élections américaines à venir? Le modèle électoral du plus grand pays démocratique du monde s'inspire de la Suisse. C'est pourtant assez compliqué pour un habitant d’une Confédération de saisir certaines spécificités. «Il faut croire que les élections aux Etats-Unis se jouent dès la plus petite juridiction, le «precinct» dans 49 états et le «parish» en Louisiane. On élit le 8 novembre prochain dans ces bureaux de vote de quartiers ou de villages un ou une président(e) mais aussi un sénateur ou un député (representative) selon où l'on se trouve. Une fois le vote effectué, on revient toujours au système des "Grands Électeurs" du Collège électoral et cette règle du "winner takes it all". L'un des deux candidats à la présidentielle remporte toutes les voix d’un coup dans l'état où il est majoritaire. Cette règle ne tient pas compte du vote populaire." 

Cette façon de comptabiliser les voix fait débat car il a quelque-chose d'injuste, qui donne une importance colossale aux petits états comme le Vermont ou le Delaware bien moins peuplés que la Californie ou le Texas. "Le système de vote américain a aussi son lot de paradoxes, "on devrait appliquer le principe de "celui qui paye les impôts est représenté politiquement". Le droit de vote était donné autrefois a celui qui avait un logement et payait des impôts. Ce principe n'est pas respecté pour les habitants du District de Columbia. La capitale fédérale Washington n’a pas de représentants au Congrès et pourtant tous les habitants en âge de le faire payent leurs impôts» s'étonne encore Terri O'Brien. 

Les Etats-Unis sont un pays aux contrastes multiples, pas toujours compris à l'étranger, mais simple à suivre quand on regarde CNN, fascinant même pour son pouvoir de faire-parler de lui et d’être toujours en mouvement. "First we take Manhattan" (D'abord on prend possession de Manhattan) chante le Canadien Leonard Cohen, "then we take Washington and the world" (puis on prend Washington et le monde) serait-on tenté d'ajouter. 

 


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