Un parlementaire non-réélu sur 4 obtient un coup de pouce financier

Les parlementaires non-réélus peuvent obtenir une aide financière de la Confédération durant deux ans pour les aider à retrouver une place sur le marché du travail. En 2011, six parlementaires non-réélus ont eu droit à une rente mensuelle. Le Valaisan Jean-René Germanier n'aura pour sa part pas besoin de recourir au fonds d'aide de la Confédération.
19 oct. 2015, 12:49
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Pour l'année à venir, 170'000 francs ont été budgétés pour les candidats non-réélus qui souhaiteraient une aide financière, soit légèrement plus que les années précédentes.

Un quart des 25 parlementaires non réélus dimanche au Conseil national pourrait recourir à un fonds d'aide. La Confédération peut leur donner un coup de pouce pendant deux ans, le temps qu'ils retrouvent une place sur le marché du travail.

Le Valaisan Jean-René Germanier (PLR), 57 ans, n'a pas été réélu pour un quatrième mandat. Ne pas être réélu était une option "que j'avais tout à fait envisagée", a-t-il dit lundi à l'ats. L'encaveur avait même dû demander une dérogation à son parti pour se présenter une 4e fois à Berne.

Le Valaisan n'aura pas besoin de recourir au fonds d'aide de la Confédération. L'homme, à la tête d'une entreprise, retombe professionnellement sur ses pieds sans trop de difficulté.

Il n'envisage pas non plus de nouveaux mandats électifs dans un exécutif. "J'assume déjà ce genre de rôle à la tête de mon entreprise". Il va encore quitter des associations comme Ouest rail, sa participation étant liée à son mandat de conseiller national.

Une rente pour six non-réélus en 2011

"En 2011, six parlementaires non-réélus ont eu droit à une rente mensuelle", a indiqué Mark Stucki, porte-parole des services du Parlement, le temps de se retourner professionnellement. C'est la délégation administrative de l'Assemblée fédérale, composée des présidents et vices-présidents des Chambres, qui donne son feu vert ou non aux demandes des politiciens débarqués par le peuple.

Pour l'année à venir, 170'000 francs ont été budgétés, soit légèrement plus que les années précédentes, a précisé M. Stucki. Actuellement, l'aide est plafonnée à la rente AVS maximale par année, pour deux ans maximum et pour des parlementaires âgés de moins de 65 ans.

"Les demandes sont remplies de façon anonyme pour éviter que les membres de la délégation se retrouvent dans la situation délicate de devoir prendre une décision en connaissant l'identité d'anciens collègues, qui déposent une demande", a expliqué Jürg Stahl (UDC/ZH), membre de la délégation. Selon son expérience, moins de la moitié des non-réélus ont besoin d'un coup de pouce.

Tendance à la hausse

Mais la tendance est à la hausse. Jürg Stahl attribue cela à la professionnalisation de la politique, une non-réelection pouvant ainsi entraîner une mauvaise passe financière.

Le Vert vaudois Christian van Singer, qui quitte Berne après deux législatures, n'aura pas besoin du fonds d'aide, mais ne pourrait pas non plus y recourir. Il a atteint 65 ans, l'âge de la retraite.

Membre du législatif de la commune de Lutry, Christian van Singer va poursuivre son engagement en faveur des énergies renouvelables. "Je vais aussi consacrer davantage de temps à ma vie privée, mes petits-enfants et mon jardin."

Quant à Fathi Derder (PLR/VD), 45 ans, il n'envisage pas non plus de faire appel à la manne bernoise. Se considérant comme un semi-professionnel de la politique, il veut rester engagé professionnellement dans le journalisme. Mais tout n'est peut-être pas perdu pour lui.

"J'attends formellement les résultats du 2e tour au Conseil des Etats le 8 novembre". Car si le PLR Olivier Français était élu, Fathi Derder conserverait son siège au National. Il est toutefois arrivé troisième du 1er tour, assez loin derrière les deux candidats rose-vert.