Une Italie séduisante tient le champion en échec

De la difficulté naît parfois le dépassement de soi. Bien plus à son affaire que craint par beaucoup avant l'Euro 2012, l'Italie a tenu la dragée haute (1-1) à l'Espagne tenante du titre, dans le choc du groupe C. Une rencontre dont profitera sans doute la Squadra pour reprendre confiance.
06 août 2015, 09:57
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Euro 2012 italie - espagne

Les Italiens ont ouvert la marque à la 61e par Di Natale, entré en jeu peu auparavant et parfaitement lancé par le maestro Pirlo. L'égalisation espagnole est intervenue trois minutes plus tard  seulement, par un Fabregas titularisé comme avant-centre ! Le Barcelonais a conclu une triangulation initiée par Iniesta et  Silva, lequel ne ferait visiblement pas tâche au Barça tant il semble bien s'entendre avec les deux Catalans. Grand ouf de  soulagement. «Il était fondamental d'égaliser rapidement, a expliqué Iniesta, afin de ne pas laisser les Italiens se  tranquilliser et s'installer dans la partie avec ce 1-0.»

L'Italie a livré une très bonne prestation contre les champions d'Europe et du monde, qui avaient gagné leurs 14 derniers matches officiels depuis la défaite contre la Suisse au Mondial 2010. Devant au nombre d'occasions avant la pause avant que cela ne s'équilibre, elle a surpris par sa capacité à se défaire du  pressing des Ibères à mi-terrain, normalement très efficace.

«Nous voulons jouer et, même si nous avons laissé à l'Espagne trop d'opportunités, nous avons eu la bonne attitude, la bonne mentalité, s'est félicité Cesare Prandelli, à première vue soulagé.  Nous avons su créer des espaces et trouver la profondeur.»  

«Cesc est spécial»

Dérangée dans sa préparation par des facteurs sportifs et extra-sportifs, la Squadra avait besoin, en dépit du «titre» de meilleure défense des éliminatoires, de se rassurer en optant pour une arrière-garde à cinq (trois centraux et deux latéraux montant parfois d'un cran). Reculé pour évoluer au coeur de ce dispositif,  De Rossi s'en est très bien sorti, épaulé surtout par un Chiellini toujours aussi rigoureux dans les duels.

Vicente Del Bosque, lui, a concocté une Espagne pour le moins particulière puisqu'elle n'avait aucun attaquant pur au coup d'envoi ! Un pari qui n'a ni été gagnant, ni été perdant, mais qui n'a de toute évidence convaincu personne. Sans avant-centre véritable, il a souvent manqué un petit quelque chose à l'Espagne dans les 25 derniers mètres. «Je recherchais à nous donner plus de sécurité avec le ballon, s'est justifié le sélectionneur, face à un adversaire qui allait beaucoup nous presser. Et Cesc est un milieu un peu spécial...»

Jokers grillés  

Si, globalement, les deux équipes peuvent avoir de légitimes raisons de se satisfaire non seulement du résultat, mais aussi des prestations individuelles de chacun, deux hommes ont toutefois du souci à se faire: Fernando Torres et Mario Balotelli, qui en a trop  - et trop mal - fait. L'Italien a surtout gâché une énorme occasion à la 54e, en raison d'une nonchalance n'ayant sûrement plu à personne, ni au coach Prandelli, ni à Cassano, seul dans la surface et qui attendait le cuir. «Je n'en ai pas encore parlé avec Mario, a commenté le Mister. Il a tergiversé devant les deux options s'offrant à lui, mais je crois qu'il voulait servir Cassano.»

Torres, introduit à la 74e, a pour sa part montré beaucoup d'envie. Mais son face-à-face bizarrement perdu contre Buffon à la 75e ne l'a sans doute pas aidé à reprendre confiance, ni les gestes suivants qu'il a très régulièrement ratés d'ailleurs. Pendant ce temps, comme en 2010, Fernando Llorente ronge son frein sur le banc...