JO 2014: Lara Gut fâchée échoue encore à sept centièmes du podium du super-G

Ce n'était encore pas l'heure de la Tessinoise Lara Gut. La Suissesse a manqué le bronze olympique du super-G pour sept centièmes seulement.
07 août 2015, 13:23
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Lara Gut est rentrée les mains vides du super-G des JO de Sotchi. La Tessinoise a échoué à la quatrième place, lors d'une course remportée par l'Autrichienne Anna Fenninger.

 Lara Gut est décidément maudite avec le chronomètre aux JO de Sotchi. Privée de l'or en descente pour dix centièmes (3e rang malgré tout), la Tessinoise a échoué samedi à la 4e place du super-G remporté par l'Autrichienne Anna Fenninger, à seulement sept centièmes de la médaille de bronze.

"On dit que c'est la pire des places et je peux le confirmer", a pesté la skieuse de Comano. "Je devrais pourtant y être habituée. Cela fait quand même trois fois que je vis ça", a-t-elle ajouté, faisant référence aux Mondiaux 2011 à Garmisch (All), où elle avait dû aussi se contenter de la médaille en chocolat à deux reprises.

La déception de Lara Gut est largement compréhensible, d'autant plus quand on est no 1 mondial du super-G. Jusqu'ici cet hiver, elle avait en effet dominé la discipline comme personne d'autre, raflant trois des cinq courses disputées en Coupe du monde. Autant dire qu'elle aurait mérité une médaille, même si les filles qui l'ont devancée - Anna Fenninger mais aussi Maria Höfl-Riesch (2e) et Nicole Hosp (3e) - ne sortent pas non plus de nulle part.

"Jusqu'au dernier temps intermédiaire, j'étais dans le coup. Mais je commets ensuite une erreur sur le bas qui me coûte la médaille", a-t-elle analysé. Une fin de course qui lui a d'ailleurs valu un de ses fameux coups de gueule. "C'est une catastrophe, on avait l'impression de skier sur l'eau !", a-t-elle lâché à propos d'une piste qui n'a pas résisté aux températures printanières sévissant sur le site de Rosa Khutor. "Je n'ai évidemment pas été plus défavorisée qu'une autre. Je trouve juste dommage qu'une course si importante se dispute dans de telles conditions", a-t-elle remarqué.

Rebondissant sur les propos de sa fille, Pauli Gut s'est montré un peu plus modéré. "Dès le moment où des Jeux sont organisés quasiment au bord de la mer, on savait à quoi s'attendre. C'est normal que Lara soit en colère et je le suis aussi. Il faut lui laisser un peu de temps pour digérer, puis compter sur elle pour se remobiliser pour le géant de mardi", a dit le papa-entraîneur de la Tesssinoise.

Gisin part à la faute

Tandis que le clan Gut regrettait la chaleur de Rosa Khutor, d'autres ont fulminé contre le tracé de l'Autrichien Florian Winkler. Un tracé piégeux qui a fait de nombreux dégâts. Et notamment parmi les premières skieuses à s'élancer, une seule fille ayant réussi à rallier l'arrivée après le passage des huit premiers dossards (!). Partie juste après cette hécatombe, Fabienne Suter s'est logiquement montrée plus prudente, mais un brin trop prudente toutefois pour viser le podium et prétendre à mieux qu'un 7e rang.

"Pour une fois, ce n'était pas un avantage de partir devant", a reconnu la Schwytzoise après cette énième place d'honneur aux Jeux, elle qui s'est classée cinq fois dans le top 7 entre Vancouver 2010 et Sotchi, sans jamais décrocher la moindre médaille.

Comme beaucoup d'autres, Dominique Gisin a connu l'élimination. "Si je veux rivaliser avec les meilleures en super-G, je dois prendre des risques. Parfois ça passe, parfois non", a résumé l'Obwaldienne, qui n'avait de toute façon rien à perdre, trois jours après avoir conquis la médaille d'or de la descente.

Finalement, la seule bonne surprise du jour dans l'équipe de Suisse est venue de Fränzi Aufdenblatten. Repêchée pour ce super-G alors qu'elle n'avait pas rempli les critères de qualification, la Valaisanne a pris une étonnante 6e place. "La vieille a prouvé qu'elle avait encore de bonnes jambes !", a lâché la fille de Zermatt, qui disputait à 32 ans la dernière course olympique de sa carrière. "Je suis fière de finir de la sorte", a-t-elle admis.

Les Autrichiennes toujours et encore

La fierté était aussi évidemment de mise chez Anna Fenninger, pour la première fois titrée aux JO. "Depuis le jour où j'ai vu, à 5 ans, ma première course olympique, cela a toujours été mon rêve de décrocher une médaille d'or", a raconté la Salzbourgeoise, troisième Autrichienne de rang à remporter le super-G des JO après Andrea Fischbacher (2010) et Michaela Dorfmeister (2006).

A 24 ans, Anna Fenninger a aussi fait preuve d'un sacré caractère pour s'imposer. "J'étais frustrée après mes deux premières courses des Jeux (réd: 8e en super-combiné, éliminée en descente). Il fallait vraiment que je trouve la force pour rebondir", a-t-elle relevé. Un discours qui, avant le géant de mardi, ne pourra que motiver sa grande copine sur le circuit, Lara Gut.