JO 2014: le biathlon départ groupé féminin dans la mire de Gaspard Cuenot

Gaspard Cuenot, 23 ans, membre du cadre national B de biathlon, analyse pour nous la course de 12.5 km départ groupé réalisée ce lundi par les soeurs Gasparin.
07 août 2015, 13:23
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Gaspard Cuenot, membre du cadre national de biathlon, a analysé la prestation de Selina Gasparin.

Membre du cadre national B de biathlon, Gaspard Cuenod est l'une des étoiles montantes de la discipline, révélée à la Suisse lors des Jeux Olypiques de Sotchi grâce à la médaille d'argent du 15 km de Selina Gasparin. D'abord fondeur, le Brévinois de Cerneux-Péquignot a rejoint le centre de sport études de Swiss-Ski pour la romandie à Brigue à l'âge de 15 ans où il a découvert le biathlon. A 23 ans, le Neuchâtelois rêve d'être sélectionné pour l'une des trois dernières manches de la Coupe du monde qui se dérouleront les trois week-end d'après les JO, à Pokljuka (Slo), Kionthalti (Fin) ou à Oslo (Nor).  Il a suivi la course des deux soeurs Gasparin pour nous et la décrypte à travers son viseur d'expert.

Gaspard Cuenod, qu'est ce qui t'a marqué dans cette course?
Il y a eu beaucoup de spectacle avec les conditions d'enneigement difficiles. Je crois qu'il a plu ce matin à Sotchi et la neige mouillée a corsé la course. On a vu plusieurs chutes, comme celles de la Norvégienne Berger dans le premier tour, ou la Russe Zaitseva dans le deuxième tour. Elisa a elle aussi chuté dans le troisième.

Cette course réunissait les 30 meilleurs biathlètes du moment...
Oui et il était logique de voir Domracheva devant. Elle a fait preuve d'une grande sérénité aux tirs et notamment aux stands debout. La Biélorusse a ensuite fait parler son excellente forme du moment  à skis pour s'imposer. Même avec une faute dans le dernier tir debout, elle a pu assurer la victoire.

Et comment as-tu apprécié la course de Selina?
Elle a très bien débuté sa course. En prenant la tête dans le premier tour à skis, elle s'est évitée les chutes et a pu bien se placer dans le premier tir couché. Elle a malheursement fauté dans le deuxième, puis dans le troisième. Pour espérer figurer parmi les leaders en biathlon, il faut impérativement réussir un 19 ou 20 sur 20 aux tirs.

La Grisonne avait justement réalisé un 20/20 dans son 15 km qui lui a rapporté l'argent. Comment expliques-tu cette baisse de concentration chez elle aujourd'hui?
D'un côté, la médaille lui a certainement amené une énorme confiance. Mais il est possible qu'elle ait aussi été à l'origine d'une certaine excitation. Je me suis laissé dire qu'elle n'avait pas fermé l'oeil après l'argent de vendredi. Il est possible que cela ait eu des répercussions sur sa condition physique aujourd'hui (lundi). Mais c'est normal. J'aurais fait pareil à sa place.  Cela dit, elle est déjà à Sotchi depuis dix jours maintenant où elle subit une certaine pression. Car on l'attendait sur le sprint. Elle n'y a certes pas fait de médaille. Mais elle s'en est très bien tirée avant de s'offrir l'argent sur le 15 km. Elle a eu beaucoup d'émotions durant cette période qui est nouvelle pour elle. La fatigue doit commencer à se faire sentir. Elle peut cependant aborder ses prochaines courses avec beaucoup plus de sérénité. Elle a d'ores et déjà parfaitement réussi ses JO.

Quel est le secret pour toujours être en forme à la fois à skis et au tir?
Il n'y a pas de secret. C'est l'entraînement. Pour le tir, certains athlètes se font aider par des soutiens psychologiques. Selina Gasparin pratique la sophrologie. Elle a également fait de l'hypnose parce qu'elle était souvent un cran en-dessous aux tirs debout. Je crois que cela l'a beaucoup aidée. Quant à moi j'ai aussi fait un peu de sophro. Mais je me focalise surtout sur l'entraînement. Je travaille sur des séries en faisant monter les pulses à 150-180 avant d'apprendre à les baisser très vite pour me concentrer sur le tir.

Comment es-tu tombé dans le biathlon?
On ne tombe pas dans le biathlon comme ça. J'avais commencé par le ski de fond où j'ai réalisé quelques bons résultats. J'ai notamment été champion suisse M18. A quinze ans j'ai intégré le sport-études de Brigue où j'ai été pris sous l'aile de Benjamin Weger qui m'a emmené tirer avec lui. J'ai trouvé ça très fun. Le mélange des deux sports est très ludique. Et en tant que Neuchâtelois de la Brévine, j'ai souvent eu l'occasion de passer la frontière en Franche-Comté pour voir les grands de la discipline, comme Florence Bavarel ou Sandrine Bally. Elle m'ont donné envie de me lancer dans ce sport qui est très médiatisé en Allemagne, en France et dans les pays nordiques.

Quels sont tes prochains objectifs pour la saison?
J'espère pouvoir participer à la dernière manche de Coupe d'Europe en Italie. Mais j'aimerais surtout être sélectionné par Markus Segessenmann, l'entraîneur national, pour l'une des trois dernières manches de la Coupe du monde de la saison. Elles se dérouleront les trois week-ends après les JO, respectivement en Slovénie à à Pokljuka,  en Finlande à Kionthalti et à Oslo (Nor).