Grand Blanc démarre Paléo avec ses bombes musicales froides

Le groupe lorrain Grand Blanc a eu l'honneur d'ouvrir la programmation 2016 du Détour ce mardi. Rencontre avec deux membres de ce quatuor coldwave electro français.
19 juil. 2016, 15:39
/ Màj. le 20 juil. 2016 à 17:05
Grand Blanc donne une belle image de la chanson electro-rock influencée par la coldwave.

S'il fallait décrire en deux adjectifs la musique du jeune groupe français Grand Blanc: ce serait froid et poétique. Leur EP "Grand Blanc" en 2014 avait révélé les grandes qualités de compositeur des membres du groupe. Des amateurs de machines et de la musique qui peut en sortir, que ce soit sur le logiciel Ableton Live ou sur des "sequencers" plus analogiques. Grand Blanc a séduit dans sa capacité à construire des chansons puissantes, galvanisantes, qui font beaucoup de bien aux oreilles. La preuve avec "Samedi la nuit", vu un peu moins de 200 000 fois sur YouTube, pas mal pour un groupe indé qui chante en français.

Grand Blanc, c'est un univers contrasté, capable de jouer sur du sombre et du lumineux à la fois. Les nappes synthétiques ne sont pas sans rappeler quelques mélopées déjà entendues autrefois chez Dead Can Dance, des Australiens qui plantaient un magnifique décor musical lugubre dans les années 80 et 90. La voix de Camille sur "Degré Zéro" n'a pourtant rien de semblable aux vibrations des cordes vocales de Lisa Gerrard. Il y a quelque-chose de très frais, de très ado, de poétique tendance rimbaldien chez Grand Blanc. 

Après la sortie du premier album "Mémoires Vives" de Grand Blanc, une fenêtre s'est ouverte à de nouvelles influences pour enrichir un son déjà bien troussé. "Verticool", leur dernier single sonne plus electro que cold-wave et rassemble tout ce que le groupe messin a appris au gré de leurs rencontres et expériences scéniques. Le groupe tire sa force, comme pour les shogazers de Ride, de l'assemblage ou l'alternance de la voix du chanteur et guitariste Benoît et de la chanteuse-claviériste Camille. 

Leur grande autre grande qualité est de chanter dans leur langue, donnant du relief et de la clarté à leur univers urbain dépressif mais pas suicidaire. On ne verra pas chez eux une tendance à la noirceur... au contraire le réalisme de leurs paroles laissent toujours un peu d'espace à quelque-chose de plus positifs, interview du groupe en vidéo réalisée au Paléo.     

Interview avec Camille Delvecchio, claviers et voix et Vincent Corbel, bassiste:

Et interview en intégralité par écrit:

Il y a un lien dans la musique de Grand Blanc entre la musique coldwave des années 80 et quelque-chose de beaucoup plus contemporain. Etes-vous d’accord avec cette observation ?

Vincent : on assume complètement ce lien, c'est un truc générationnel d'avoir accès à autant d'influences de ces époques, à toutes ces musiques. Plutôt que d’essayer de faire un groupe de coldwave, de hip-hop ou de techno et comme on est quatre à avoir des influences différentes, on mélange tout ça. Comme on utilise des synthés, il y a forcément quelque-chose de référencé années 80. Pour autant on utilise pas des synthés analogiques vintage. On est plus dans un truc un peu cheap avec des synthés en plastique. On a joué avec des instruments comme le Rolland SH201 qui est très 90’s un peu trance.

Camille : tout le monde a accès aux boîtes à rythme Rolland 808, 909 grâce à des émulations. Le son de batterie est beaucoup fait avec des vieilles boîtes à rythme auxquelles on ajoute des choses plus modernes. On a pensé à avoir une énergie de batteur sur scène.

Vous avez pensé utiliser de vrais sons de batterie ?

Vincent : en live, c'est un problème de dynamique. Un snare est le même du début à la fin sur disque. Comme on a une dynamique rock sur scène, on se pose la question d’un vrai snare pour le coup.

Camille : sur notre album, on a fait que tourner des boutons. En live, c’est Luc qui est batteur qui fait tout à la main.

Vincent :  on maîtrise tous les logiciels de musique assistée par ordinateur, on peut tous faire une chanson en entier sur ordinateur. On se retrouve et on échange ce qu’on a quand on a composé des choses chacun dans son coin et ce qui est intéressant, c’est que personne n’est capable de finir sa chanson. On a vraiment besoin des autres, on est toujours content quelqu’un d’autre du groupe a emmené la chanson ailleurs.

Grand Blanc, c’est aussi deux voix qui se croisent, Camille et Benoît. On ne sait pas toujours qui va intervenir sur la chanson quand on la découvre pour la première fois.

Camille : on s’est dit que c’était important d’avoir deux voix, c’est comme avoir deux personnes différentes, deux intentions différentes, c’est comme avoir deux instruments différents. Du coup, on a décidé de jouer maximum avec ça. Ça correspond avec quelque-chose dans le groupe qui est important : on joue avec les contrastes, on aime bien ça. L’utilisation des deux voix fait partie des petits trucs pour accentuer ces contrastes.

Avec votre album « Mémoires vives » et votre dernier clip posté sur YouTube, on sent que vous avez beaucoup évolué depuis Grand Blanc 2014, comment avez-vous procédé à cette mue ?

Camille : si on faisait tout le temps la même musique, ce serait triste. Notre album sera différent à chaque fois car on est des personnes malléables. C’est chouette de mener un projet à chaque fois à bien. Quoique tu fasses, c’est un progrès. Le clip de « Verticool » notre dernier clip est sorti cet été mais on l’a composé l’été dernier. Peut-être que l’été prochain il y aura encore quelque-chose de différent.

L’introduction du clip de « Verticool » est vraiment drôle. On y voit un coach bodybuildé nous inviter à l’exercice. C’est un contraste avec vos autres vidéos. Pensez-vous que vous laissez libre cours un peu plus à l’humour dorénavant ?

Vincent : c’est vrai que nos clips sont plutôt premier degré a priori même si on a toujours vu de l’humour dans nos clips. C’est vrai que c’est moins froid sur « Verticool », la chanson s’y prêtait bien. C’était une facette de l’album et on voulait la représenter visuellement de cette manière.

Camille : on devait faire très vite avec peu d’argent, du coup on a vraiment choisi sur internet plusieurs clips qu’on aimait et on est arrivé avec un monteur nommé Raphaël à effectuer ce clip assez vite à base de ce qu’on aimait. La musique de Grand Blanc, elle va ces derniers temps avec beaucoup de couleurs, d’images… et cela nous donne envie de continuer à faire d’autres clips.

Bagarre, vos collègues new-wave chantent en français, Feu! Chatterton aussi, et vous avez-vous la tentation de l’anglais ?

Vincent : je ne pense pas que Benoît pourrait écrire comme il le fait dans une autre langue. Ben écrivait et on a choisi de faire de la musique en français. Des mots qui vibrent dans notre quotidien.

Camille : on voulait dire des mots, chanter des mots. La seule solution, c’était de chanter en français. On ne peut pas dire des mots dans d’autres langues. Cela aurait autant de sens de chanter en français que de chanter en russe (rires).

 

 Grand Blanc "Mémoire Vive" (sony music)

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par David Glaser