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Paléo
 27.07.2019, 12:31

Paléo: Soprano, déluge de hits pour campings

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Critique Le rappeur a fait chanter «popolopopo» et «allez allez» à une plaine de l’Asse bouillante malgré la pluie battante, vendredi soir. Après des prestations impériales d’Angèle et Damso.

Les enfants étaient sur toutes les épaules. Ils sont très jeunes, casques fluo sur les oreilles. À l’instar de Bigflo et Oli l’année passée, leur star de ce vendredi - et même de l’affiche entière de cette 44ème édition du Paléo - s’appelle Soprano. Rappeur, lui aussi, reconverti en pop-star des familles après avoir brillé dans les quartiers de Marseille avec le collectif Psy4 de la Rime. 

De «street», Sopra M'baba n’a gardé que les baskets et les beats hip-hop. Qu’importe, les gosses d’aujourd’hui l’ont vu à la télé, dans le jury de la dernière saison de «The Voice». Et sont prêts à veiller après minuit, comme à Noël.

Retour en ce début de soirée. La communication de Paléo a annoncé foule. Et recommandé aux festivaliers de venir le plus tôt possible. Le festival a même déployé son écran de secours, à l’entrée du quartier latin. Il s’attend à un très fort engouement peu avant 19h, pour une autre coqueluche médiatique. 

Un vent de fraicheur

Angèle, encore inconnue en 2018 lorsqu’elle emballait ici même un Club Tent instantanément sous le charme, est aujourd’hui un phénomène ultra attendu sur l’Asse. Pas surprenant. Depuis un an, la Bruxelloise de 23 ans est autant la star d’internet et des réseaux sociaux que des médias francophones. 

Elle a tout pour plaire, Angèle. Une voix fluette maitrisée qui émane d’un minois de poupon, queue de cheval blonde virevoltante rappelant Britney Spears, un talent de musicienne indéniable, et de compositrice de tubes electro-pop dans l’air du temps. Et des textes politiquement corrects faussement naïfs, jouant l’illusion de la subversion.

D’ailleurs, là voilà. Fusil gonflable doré en main, tunique transparente, façon imperméable classieux, sur un top argenté. Une courte averse l’a retardée de quelques minutes. De chaque côté de scène, perché sur un podium de trois mètres, un musicien. À gauche le rythme, à droite les sons synthétiques. Au dessus et en dessous, des écrans qui projettent des effets visuels. Deux yeux animés surplombent le tout.

Angèle assure un spectacle propre en ordre. Chant, piano et chorégraphies en symbiose avec quatre autres danseuses. On se surprend à connaître tous les morceaux. Pourtant, «Brol», son premier album, n’est pas resté très longtemps dans nos oreilles. Mais chaque titre a marqué notre mémoire au fer rouge. Le public, lui, connaît tout par cœur. Angèle n’a que des tubes. Et son show, très divertissant, est un vent de fraicheur sur cette semaine de canicule. 

Vulgarité crue et mélancolie noire

Vers 21h, le terrain change de peau. Le public familial s’en est allé vers les stands de nourriture. Les adolescents, eux, se serrent devant la Grande scène après s’être chauffés aux Arches devant Columbine, duo hip-hop français dopé au vocodeur bon marché. Leur icône à eux, c’est Damso. Belge lui aussi. Mais dans un autre registre. Ancien protégé de Booba, le rappeur mêle vulgarité crue et mélancolie noire. Et choque les plus de 35 ans.

La scène est presque vide. Un DJ est relégué dans un coin. Devant un dispositif lumineux moins impressionnant que lors de son concert à l’Arena de Genève en novembre dernier, Damso occupe l’espace. Seul. En trainant son spleen «down-tempo» d’un bout à l’autre, armé d’un rap redoutable et de mélodies planantes.

La foule, tenue en haleine jusqu’au bout, fait des vagues de «pogo». Le rappeur n’en croit pas ses yeux. «Vous êtes incroyables, vraiment. De loin le meilleur festival de l’été», répète-t-il une dizaine de fois, sourire aux lèvres. Il comble ses fans de titres rarement joués. Brut, trash, irrévérencieux: on adore!

Zouk cocaïné

Hip-hop toujours. Du côté du Village du Monde avec Loud, rappeur méga-star au Québec encore peu connu ici. Lui aussi assure un show énergique seul avec un DJ. Retour à Soprano. Au milieu de la Grande scène, une cage. Ou plutôt des écrans verticaux, qui s’écartent progressivement pour dévoiler la star, sa paire de choristes et de musiciens (on retrouve le duo rythme-synthé), son chapeau vissé sur la tête et sa bonne humeur communicative.

Au bout de deux titres, des trombes d’eau. La météo n’avait pas annoncé pareil déluge. Mais les festivaliers s’en moquent autant que le rappeur. Comme ce dernier le martèlera tout au long du show, «on est venu là pour s’amuser, faire la fête, danser, chanter et rigoler ensemble.» Paléo se mue alors en Club Med géant. Le bras à gauche, les mains à droite, sauter, chanter «oh oh oh», puis «po po po», et enfin «la la la». On ne sait plus où donner de la tête, qui risque bientôt d’exploser au rythme incessant d’un zouk cocaïné.  

Le concert ressemble plus à une animation de camping de luxe. Au détail près que Soprano est bien plus qu’un agitateur. Il rap, chante, bouge, se donne à fond sans jamais relâcher la pression. Quel spectacle! Immense communion festive et grand moment de joie dans cette édition. Le public est trempé, mais rassasié.
 


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