Votations fédérales du 22 septembre 2013

Campagne contre l'obligation de servir en marche

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défense Les partisans d'une Suisse sans armée ont lancé l'initiative "Oui à l'abrogation du service militaire obligatoire" ce mardi à Berne. Ils proposent un service civil volontaire en remplacement.

  30.07.2013, 17:40
C'est la deuxième rentrée de l'année pour l'armée suisse.

Une coalition de partis politiques, d'organisations pacifistes et d'associations a lancé mardi à Berne la campagne pour l'initiative populaire "Oui à l'abrogation du service militaire obligatoire". Le texte, sur lequel le peuple votera le 22 septembre, exclut en outre la création d'une Armée professionnelle.

Un service civil volontaire ouvert à tous et toutes doit être institué en parallèle de la suppression de l'obligation de servir, a demandé le comité d'initiative devant les médias. Ce dernier propose de modifier l'article 59 de la constitution fédérale en ce sens.

Accepter l'initiative dans les urnes permettra de mettre fin au "gaspillage inutile d'argent" par l'armée de milice suisse, a plaidé Evi Allemann (PS), membre de la commission de politique de sécurité du Conseil national. Supprimer le service militaire obligatoire réduira le nombre de soldats et donc le budget annuel, qui avoisine les 4,5 milliards de francs.

A ce montant s'ajoute le poids des jours de service sur l'économie, de quelque 4 milliards. Une charge trop importante, estime Balthasar Glättli (Verts), membre de la commission de politique de sécurité du Conseil national. L'économie a besoin à l'heure actuelle de toutes ses ressources pour investir dans les "vrais problèmes", comme le tournant énergétique.

L'armée ne répond pas non plus efficacement aux "menaces du 21e siècle". Son volume doit être concentré et ses forces réorientées, sur le modèle de plusieurs pays européens, a poursuivi Mme Allemann.

Service civil pour tous

Un service civil volontaire ouvert à tous constitue une alternative "moderne bien plus adéquate", selon Amanda Gavilanes, secrétaire du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA). Des personnes s'engageant de leur plein gré pour la communauté offriraient des services d'une qualité "nettement meilleure que sous un régime obligatoire."

La notion d'engagement doit "évoluer avec son temps et se détacher du fusil militaire", a renchéri Ilias Panchard, du comité des Jeunes Verts. Seul un tiers des jeunes en âge de servir accomplissent tous leurs jours de service. Les autres doivent pouvoir s'engager librement dans des "domaines qui les intéressent" et où ils "se sentent particulièrement à l'aise".

L'obligation de servir faite aux hommes discrimine en outre ces derniers et est donc contraire à la constitution, critique Andreas Borter, co-viceprésident de l'organisation männer.ch. Le modèle actuel fige une répartition des rôles se fondant sur l'homme armé et la femme au foyer, déplore Franziska Müller, de l'organisation pacifiste féministe cfd.

Pas de vision commune

Unis contre l'armée sous sa forme actuelle, les initiants ne se sont pas encore accordé sur une vision future commune des forces militaires suisses. Pour Ilias Panchard, il ne faudra se pencher sur la question qu'après la votation du 22 septembre, si le peuple vote "oui".

Une armée demeure tout à fait souhaitable du moment qu'elle est volontaire, a-t-il ajouté. Même son de cloche chez le GSsA, dont la secrétaire Seraina Patzen a assuré ne pas vouloir abolir l'armée.

Evi Allemann a elle plaidé pour une armée aux effectifs réduits, de quelque 50'000 soldats. Ses tâches s'orienteraient davantage vers l'aide en cas de catastrophe et les missions de l'ONU à l'étranger.

D'autres, comme Piet Dörflinger, responsable de l'association zivildienst.ch, se sont en revanche exprimés à titre personnel en faveur de l'abolition totale de l'armée suisse. Supprimer l'obligation de servir constitue donc un "pas dans la bonne direction".

Conseil fédéral et Parlement contre

L'initiative populaire a été déposée le 5 janvier 2012, munie de 106'995 signatures valables. Autant le Conseil fédéral que les deux Chambres du Parlement l'ont rejetée. Le gouvernement redoute que l'abolition du service militaire obligatoire constitue une menace pour la sécurité de la Suisse.

Hormis le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), auteur du texte, le comité d'initiative se compose du PS, des Verts, des Jeunes Verts, des organisations männer.ch et cfd (féministe), ainsi que de l'association zivildienst.ch. Le budget de la campagne n'a pas été communiqué.


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