Alain Berset dit non à l'initiative des Verts pour garantir la qualité des aliments

Selon Alain Berset, la Suisse n'a pas besoin d'un "oui" le 23 septembre prochain pour garantir la qualité des aliments. Selon le conseiller fédéral, qui a lancé sa campagne lundi, l’initiative des Verts est superflue.
02 juil. 2018, 10:56
/ Màj. le 17 juil. 2018 à 08:27
Pour le ministre de la santé Alain Berset, cette initiative est superflue. La Suisse produit elle-même environ la moitié des denrées alimentaires dont elle a besoin.

La Suisse n'a pas besoin de l'initiative de Verts pour garantir la qualité des aliments. Pis, l'acceptation de ce texte pourrait faire augmenter les prix et diminuer l'offre. Alain Berset a lancé lundi la campagne en vue de la votation du 23 septembre.

L'initiative "pour des denrées alimentaires saines et produites dans des conditions équitables et écologiques" demande que la Confédération renforce l'offre de denrées alimentaires sûres et de bonne qualité. Celles-ci devraient être produites dans le respect de l'environnement, des ressources et des animaux, ainsi que dans des conditions de travail équitables.

Série de revendications

Des exigences devraient être fixées pour la production et la transformation. Les produits agricoles importés utilisés comme denrées alimentaires devraient aussi répondre généralement à ces règles. Il faudrait viser le même objectif pour les denrées composées ou à degré de transformation plus élevé ainsi que pour les aliments pour animaux.

 

 

L'initiative "pour des aliments équitables" veut en outre privilégier les produits importés issus du commerce équitable et d'exploitations paysannes cultivant le sol ainsi que réduire les incidences négatives du transport et de l'entreposage des denrées alimentaires.

La Confédération légiférerait sur la mise sur le marché, sur la déclaration des modes de production et de transformation et prendrait des mesures contre le gaspillage. Elle pourrait conclure des conventions contraignantes avec les importateurs et le commerce de détail et devrait encourager la transformation et la commercialisation de denrées régionales et saisonnières.

Superflu

Pour le ministre de la santé Alain Berset, cette initiative est superflue. La Suisse produit elle-même environ la moitié des denrées alimentaires dont elle a besoin. Et celles-ci doivent déjà satisfaire à des exigences strictes, notamment en ce qui concerne la sécurité, la qualité et la durabilité. Berne s'engage en outre au niveau international.

Le texte va même trop loin sur certains points. En contrevenant aux accords commerciaux, elle pourrait remettre en cause l'accès facilité de la Suisse aux marchés internationaux. Il faudrait en outre mettre en branle un système compliqué pour vérifier les conditions de production à l'étranger.

Le coût de ces contrôles pourrait faire augmenter le prix. Des normes plus strictes pour les importations pourraient par ailleurs diminuer le choix de denrées alimentaires en Suisse.