Le patron de Salt démissionne

Johan Andsjö, patron de l'opérateur téléphonique Salt, basé à Renens, quitte l'entreprise avec effet immédiat. La direction de Salt est décimée depuis plusieurs mois. En juin dernier, trois des sept dirigeants de l'opérateur de télécommunications avaient annoncé leur départ.

07 déc. 2015, 11:26
Johan Andsjö quitte l'entreprise avec effet immédiat.

Johan Andsjö, patron de l'opérateur téléphonique Salt, quitte l'entreprise avec effet immédiat. Le Suédois âgé de 40 ans dirigeait Salt depuis trois ans. Pierre-Alain Allemand, qui assiste la direction du groupe basé à Renens (VD), assurera l'intérim.

"Nous prenons acte du départ de Johan Andsjö et respectons sa décision", a indiqué lundi le conseil d'administration de Salt dans un communiqué. Ce dernier ne précise pas les raisons qui ont conduit le Suédois à quitter l'opérateur et ne comporte aucun mot évoquant son activité en tant que patron.

L'annonce constitue une certaine surprise, M. Andsjö ayant affimé il y a quelque mois dans des interviews qu'il entendait rester en place. Pierre-Alain Allemand travaille quant à lui pour l'opérateur vaudois depuis le rachat de l'ex-Orange par l'investisseur français Xavier Niel.

Né en 1973 et de nationalité française, M. Allemand "dirige la mise en place d'initiatives de transformation dans le but d'améliorer l'efficacité opérationnelle et économique de Salt", précise l'entreprise. La procédure visant à désigner un successeur à Johan Andsjö a été initiée.

Nombreux départs

En attendant, M. Allemand pourra compter sur l'équipe de management et sur les actionnaires pour mener sa tâche à bien, poursuit le communiqué. Avant de rejoindre Salt, le directeur général ad interim a auparavant oeuvré au sein de l'opérateur français SFR, notamment.

M. Andsjö avait été nommé directeur général de l'opérateur, qui se présentait encore alors sous la raison sociale d'Orange Suisse, en février 2012, succédant alors au Suisse Thomas Sieber. Au bénéfice d'une vaste expérience dans la branche, essentiellement au sein du groupe scandinave TeliaSonera, il avait auparavant dirigé la filiale espagnole Yoigo.

Le retrait du directeur général de Salt intervient dans un contexte de multiplication des départs au sein de la direction de l'entreprise. Uniquement en juin dernier, trois des sept membres de l'organe exécutif de la société avaient ainsi jeté l'éponge.

Le départ de M. Ansjö intervient aussi dans un contexte de mutation pour l'opérateur de téléphonie mobile, numéro trois du secteur en Suisse, derrière Swisscom et Sunrise. Au printemps dernier, l'entreprise a changé de raison sociale, la marque Salt venant remplacer celle d'Orange Suisse.

Plan de départs volontaires

Il y a deux mois, Salt avait également confirmé que plusieurs dizaines d'employés avaient porté leur nom sur les listes dans le cadre d'un plan de départs volontaires. Ils bénéficieront des mêmes conditions que lors d'un licenciement.

Refusant alors de lier ces départs à des mesures d'économie, Salt avait alors relevé que de nombreux changements étaient intervenus en son sein. Employant quelque 900 collaborateurs, l'opérateur est contrôlé depuis fin 2014 par NJJ Capital, la holding personnelle de Xavier Niel, laquelle a déboursé 2,8 milliards de francs pour reprendre l'entreprise à la société de participations britannique Apax.

Pour Apax, l'opération s'était soldée sur une jolie plus-value de quelque 800 millions de francs, le gestionnaire de fonds britannique ayant acquis Orange Suisse en février 2012 à France Télécom pour 2 milliards. Le groupe français avait renoncé, suite à l'échec de la fusion entre Orange et Sunrise. Xavier Niel s'était déjà montré intéressé par cette transaction.