Revue de presse: variant Omicron, boom du travail temporaire et climat… les titres de ce dimanche

Le variant Omicron fait les gros titres de la presse dominicale. Sa vitesse de propagation inquiète les scientifiques. Les journaux de ce dimanche traitent aussi de l’incompréhension des jeunes face au climat ou des aliments toujours moins sucrés.
02 janv. 2022, 10:08
/ Màj. le 02 janv. 2022 à 10:08
La presse domincale revient sur les principaux sujets d'actualité de ces derniers jours.

Moitié de la population malade

La moitié de la population suisse pourrait tomber malade du Covid-19 en quelques semaines, indique Richard Neher, membre de la taskforce de la Confédération, à la SonntagsZeitung. Il suffit pour cela que le variant Omicron continue de se propager au rythme actuel. Une contamination à hauteur de 30’000 cas par jour paraît vraisemblable pour janvier. Si on prend seulement 20’000 cas par jour enregistrés et un nombre équivalent de cas non recensés, on peut déduire qu’environ 3% de la population se fait infecter chaque semaine, note l’expert. Or même si seule une petite partie des personnes infectées est hospitalisée, une avalanche de cas en peu de temps peut rapidement amener le système à saturation.

Pas de tour de vis pour Cassis

Le président de la Confédération Ignazio Cassis estime qu’il n’est dans l’immédiat pas nécessaire de serrer la vis pour lutter contre la pandémie de Covid-19. A court terme, il faut éviter une surcharge des unités de soins intensifs, mais leur taux d’occupation actuel d’environ 80% dans tout le pays paraît «encore gérable», affirme le conseiller fédéral et médecin tessinois dans une interview au Matin Dimanche et au SonntagsBlick. Si se formaient ci et là des goulets d’étranglement dans les hôpitaux, «la solidarité intercantonale entrerait en jeu, comme durant la première vague». Et «nous sommes prêts à réagir à tout moment, y compris en mobilisant des moyens au niveau fédéral.»

Ne pas sous-estimer le variant Omicron

Le vice-président de la taskforce scientifique de la Confédération, Urs Karrer, met en garde contre le danger de sous-estimer le variant Omicron du coronavirus. «Pour l’instant, nous partons du principe qu’Omicron est moins virulent que Delta, mais tout aussi pathogène que le variant qui a coûté la vie à près de 10’000 Suisses il y a un peu plus d’un an», explique-t-il. «Notre plus grande inquiétude est de devoir traiter un très grand nombre de patients Covid-19 en janvier et en février tout en manquant cruellement de personnel, parce que les collaborateurs nécessaires seraient malades, en isolement ou en quarantaine.»

Problèmes majeurs attendus avec Omicron

Le président du Conseil de l’Association médicale mondiale (WMA) Frank Ulrich Montgomery estime que des «problèmes majeurs» vont survenir sur la planète à cause du variant Omicron du Covid-19, hautement contagieux. Les hôpitaux risquent bien d’être surchargés, prévient-il dans une interview au SonntagsBlick, plaidant pour restreindre à nouveau les contacts afin d’enrayer la pandémie. En outre, le principe d’une vaccination obligatoire est «totalement justifié», selon le dirigeant des médecins du monde. Et d’ajouter que «ceux qui ne veulent absolument pas se faire vacciner seront exclus de certaines parties de la vie publique».

Boom des travailleurs temporaires

La pandémie crée un boom des travailleurs temporaires, d’après un spécialiste des ressources humaines. Dans certains secteurs comme la restauration, la vente ou les aéroports, «les entreprises ne veulent plus 90 à 95% de personnel fixe, mais tout au plus deux tiers», indique à la NZZ am Sonntag Yves Schneuwly, responsable suisse de l’entreprise de placement Coople. Les entreprises passent à un modèle à trois niveaux: une équipe de base, des employés flexibles sur appel et une part hyperflexible de personnel auxiliaire rapidement mobilisable. En face, les syndicats grondent. «Le travail temporaire est une externalisation du risque entrepreneurial sur les travailleurs», fustige Serge Gnos, d’Unia.

Miracle de l’emploi en 2022 en Suisse

La Suisse pourrait connaître un «miracle de l’emploi» en 2022, d’après un sondage de la SonntagsZeitung réalisé auprès de grandes entreprises helvétiques. Au total, 30 des 89 firmes interrogées prévoient d’augmenter le nombre d’emplois et quatre seulement de supprimer des postes. Les 55 restantes disent s’attendre à une certaine stabilité. Le plus gros créateur d’emplois pour 2022 sera le prestataire de services aéroportuaires Swissport, qui compte embaucher 850 nouveaux employés. L’entreprise zurichoise de maintenance d’avions et réacteurs SR Technics veut aussi créer 150 postes. Les autres gros pourvoyeurs d’emplois seront Swatch Group, les CFF, La Poste et les entreprises du commerce de détail.

Aliments de moins en moins sucrés

L’industrie alimentaire retire lentement et par étapes le sucre des aliments. Au fil des années, les papilles gustatives des consommateurs s’habituent à moins de douceur. Entre 2016 et 2018, le sucre ajouté a ainsi baissé en moyenne de 3,5% dans les yaourts vendus en Suisse et de 13% dans les céréales pour petit-déjeuner, rapporte la SonntagsZeitung. D’ici 2024, fabricants et commerces de gros – dont Nestlé, Migros, Coop et Emmi – ont promis une réduction supplémentaire de 10% pour les yogourts et de 15% pour les cornflakes et produits similaires. La Confédération souhaite pour sa part étendre ces modifications à d’autres produits, notamment les boissons lactées et sucrées.

Les jeunes ne comprennent pas le changement climatique

Les dernières statistiques PISA démontrent que les jeunes Helvètes sont peu au fait en matière environnementale. Quatre élèves sur dix en Suisse ne peuvent pas expliquer le changement climatique et beaucoup ont une faible conscience écologique en comparaison internationale, soulignent Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung, qui ont analysé les données de ce sondage de 2018. Lorsqu’il s’agissait d’expliquer l’influence des gaz à effet de serre sur le réchauffement, seuls 58% de ces jeunes de 15 ans ont dit pouvoir le faire. Un score médiocre: la Suisse se classe 44e sur 66 pays. Et ses ados ne se rattrapent pas avec leurs connaissances sur les économies d’énergie au quotidien.

Un des accusés du procès Raiffeisen parle

L’un des principaux accusés dans le procès Raiffeisen prend position pour la première fois quelques semaines avant le début des débats. L’ancien directeur général puis membre du conseil d’administration de la société de cartes de crédit Aduno, Beat Stocker, rejette dans une interview à la NZZ am Sonntag les accusations de fraude portées contre lui. Le ministère public zurichois reproche à l’ancien homme fort de Raiffeisen, Pierin Vincenz, et à Beat Stocker d’avoir pris des participations privées dans plusieurs start-up et d’avoir profité de leurs rôles de chefs au sein de la Raiffeisen et d’Aduno pour travailler à la reprise de ces start-up en faisant passer des millions dans leurs poches.

Bénéficiaires maltraités par l’AI

Chaque année en Suisse, des centaines de personnes font l’expérience d’un traitement non professionnel, voire traumatisant, par des experts de l’assurance-invalidité (AI) chargés d’évaluer leur situation. Selon le SonntagsBlick, 613 personnes se sont manifestées jusqu’à fin octobre 2021 auprès d’un service d’information mis en place début 2020 par la faîtière Inclusion Handicap. Les assurés ont fait état d’un mauvais climat d’entretien, d’un manque d’intérêt et de lacunes dans le déroulement de la discussion. Les signalements concerneraient souvent les mêmes experts. Inclusion Handicap a demandé aux responsables de l’AI de revoir leur collaboration avec les professionnels en question.