Revue de presse: guerre en Ukraine, fonds pour la recherche et hausse des prix… les titres de ce dimanche

L'invasion de l'Ukraine par la Russie et ses conséquences font une fois encore les titres de la presse dominicale. Il est également question des fonds destinés aux chercheurs suisses non dépensés.
08 mai 2022, 09:52
On fait pour vous le tour des principales nouvelles dévoilées par les journaux dominicaux (illustration).

Mettre des chars en service

Des politiciens veulent remettre en service une partie des 96 chars Léopard entreposés depuis des années par l'armée suisse, selon la NZZ am Sonntag. "La guerre en Ukraine montre que nous ne pouvons pas nous passer des chars de combat", déclare dans le journal Werner Salzmann, sénateur UDC bernois et président de la commission de la politique de sécurité du Conseil des Etats. La conseillère nationale Ida Glanzmann (Centre/LU) est du même avis. "Je soutiendrais le fait que le DDPS examine sérieusement la possibilité de remettre ces chars en service". Ces 96 Léopard ont été mis hors-service à la fin de la guerre froide. Leur remise en service et leur modernisation devraient coûter entre 350 et 450 millions de francs, selon l'armée. Le Conseil national doit débattre lundi d'une augmentation massive des moyens pour l'armée, avec un budget qui pourrait passer de 5 à 7 milliards de francs par an.


Enquête sur des crimes de guerre en Ukraine

Le chef du groupe parlementaire du PLR Damien Cottier va enquêter sur des crimes de guerre en Ukraine, indique le SonntagsBlick. Le conseiller national neuchâtelois doit mener pour le Conseil de l'Europe une enquête sur des accusations de violations des droits fondamentaux à Kiev et dans ses environs. Il dirige à Strasbourg la délégation suisse à l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, l'organe législatif de la Convention européenne des droits de l'homme, et il préside la commission des questions juridiques et des droits de l'homme. Son mandat d'enquête porte sur la collecte d'informations sur des accusations d'atrocités commises par les forces russes et leur documentation, explique au journal M. Cottier. Cette mission comprend des entretiens avec les victimes et les autorités locales. Les conclusions devront être consignées dans un rapport.


Geler des avoirs et les remettre à l'Ukraine

Le parti socialiste exige que la Suisse non seulement gèle les avoirs des personnes et entreprises sanctionnées suite à l'assaut de la Russie en Ukraine, mais les exproprie aussi et remette leurs avoirs à l'Ukraine pour la reconstruction du pays, relate la SonntagsZeitung. Une intervention parlementaire allant dans ce sens a été déposée. "La Suisse abrite un nombre supérieur à la moyenne de fortunes d'oligarques russes sanctionnés. Il est juste qu'elles profitent au pays qui est actuellement détruit par [le président russe Vladimir, ndlr] Poutine", déclare dans le journal la coprésidente du PS Mattea Meyer. Le vice-président du PLR Andrea Caroni soutient l'idée. "Du point de vue du droit international, il est clair pour moi que la Russie doit des dommages et intérêts à l'Ukraine en raison de son agression contraire au droit international". Selon des estimations, les avoirs russes en Suisse s'élèveraient à 200 milliards de francs. Depuis l'attaque russe contre l'Ukraine, les autorités suisses ont bloqué 7,5 milliards de fonds russes.


Oleg Chigaïev pas encore extradé

L'ancien banquier russe Oleg Chigaïev, accusé par les autorités russes d'avoir détourné 50 millions de francs, ne sera pour l'instant pas extradé de la Suisse vers la Russie, indiquent la NZZ am Sonntag et le site d'actualités économiques Gotham City, qui constatent que la procédure d'extradition a pris fin. La guerre en Ukraine et ses conséquences ont pesé dans la balance, affirment les deux médias. Avec le retrait de la Russie du Conseil de l'Europe, c'est un cadre institutionnel important en tant que garant du respect des droits de l'homme, qui a disparu, explique une source à la Confédération. Dans ce contexte, la Suisse suspend l'entraide judiciaire avec la Russie jusqu'à nouvel ordre, ajoute-t-elle. M. Chigaïev, qui vit à Genève, encourt la prison à vie en Russie.


Des millions pour la recherche pas dépensés

Des millions de la Confédération destinés aux chercheurs suisses n'ont pas été dépensés, affirme Le Matin Dimanche. En 2021, seuls 4% de l'enveloppe prévue pour la participation aux programmes européens de recherche Horizon Europe ont été distribués, soit 28 millions de francs. Les 665 millions de francs mis au budget 2021 qui n'ont pas été alloués devraient donc servir, selon la règle, à éponger la dette de la Confédération. Interrogé, le Secrétariat d'Etat à la formation, la recherche et l'innovation (SEFRI) l'admet. Il assure toutefois que cela n'a "pas d'influence" sur le crédit d'engagement global, car, selon lui, ce que le Parlement fédéral a voté pour soutenir les chercheurs leur reviendra tôt ou tard.


Secret de fonction violé

Le Ministère public de la Confédération (MPC) estime que le conseiller national Roger Köppel (UDC/ZH) a violé le secret de fonction suite à une diffusion sur sa chaîne vidéo "Weltwoche Daily", rapportant la saisie de montres suisses à Moscou, selon le SonntagsBlick. Le MPC a demandé la levée de l'immunité de l'élu zurichois, qui y a déjà renoncé volontairement. Le parlementaire UDC aurait reproduit dans son émission certains passages de documents confidentiels adressés à la commission de politique extérieure. La commission doit rendre sa décision mercredi. Le 24 mars, M. Köppel avait affirmé dans sa vidéo que les services secrets russes FSB avaient perquisitionné les locaux d'une filiale de l'horloger suisse Audemars Piguet à Moscou, emportant avec eux des marchandises d'une valeur de plusieurs millions de francs. La commission de politique extérieure du Conseil national a ensuite déposé une plainte pénale contre M. Köppel.


L'alimentation encore plus chère

Les Suisses doivent s'attendre à de nouvelles hausses des prix des denrées alimentaires, avertit dans la SonntagsZeitung Martin Keller, le patron du groupe Fenaco. De "petites adaptations de prix" ont déjà eu lieu au cours des dernières semaines, ajoute-t-il, soulignant qu'elles se situent dans la moyenne du renchérissement actuel de 2,5% ou moins. Elles ont touché la bière et la farine de blé. Les prix des matières premières agricoles sont très élevés, notamment en raison de la guerre en Ukraine. Le groupe Fenaco, auquel appartiennent les magasins Landi et Volg, fournit des semences et des engrais aux agriculteurs.

par Keystone - ATS