40 morts et 150'000 déplacés après des inondations Mozambique

De violentes inondations continuent de ravager le sud du Mozambique. Au moins 40 personnes ont perdu la vie et 150'000 autres ont été déplacées.

28 janv. 2013, 16:22
Les inondations ont fait au moins 50 morts.

Au moins 40 personnes sont mortes et 150'000 autres déplacées en raison des inondations qui ravagent le sud du Mozambique depuis quelques jours, a indiqué l'UNICEF lundi. Les autorités s'inquiètent maintenant pour la situation plus au nord, où de nouvelles pluies sont annoncées.

"Le chiffre officiel est de 150.000 personnes déplacées dans la province de Gaza", qui correspond à la basse vallée du fleuve Limpopo, a indiqué lundi à l'AFP Patricia Nakell, porte-parole de l'Unicef dans le pays. Il pourrait augmenter car certaines zones isolées n'ont pas pu être atteintes par les sauveteurs, a-t-elle ajouté, alors qu'au moins 40 personnes sont mortes en quinze jours dans le sud du pays dont une trentaine ces derniers jours dans la vallée du Limpopo.

La montée des eaux a provoqué un exode massif de dizaines de milliers de personnes vers des zones plus élevées, où les agences humanitaires ont installé des camps provisoires pour abriter et nourrir les réfugiés. Les niveaux de l'eau ont été plus élevés que ceux observés lors des grandes crues de l'an 2000, qui avaient fait 800 morts et des millions de sans-abri dans le pays.

La catastrophe qui a frappé la vallée du Limpopo était annoncée, mais de nombreux habitants des régions sinistrées n'ont pas entendu, ou pas voulu écouter les alertes émises par les autorités, certains craignant notamment les pillages.

Nouvelles pluies au programme

Si le Limpopo est revenu dans son lit dans la région de Chokwe submergée mercredi, la situation restait critique en aval, où l'essentiel de la ville côtière de Xai Xai a été évacué. Mais l'eau a enfin cessé d'y monter, selon la police locale.

Signe d'embellie, le pont de Xai Xai, sur la grande route reliant Maputo au nord du pays, a été rouvert à la circulation, a relevé Sylvia Paolo, porte-parole de la police provinciale.

Après le sud, les autorités mozambicaines ont prévenu lundi que de nouvelles pluies pourraient maintenant provoquer des inondations dans le centre et le nord du pays, notamment dans le bassin du Zambèze.

Quelque 160 millimètres de pluie sont déjà tombés sur la province de Sofala dont Beira, la deuxième vile du pays, est la capitale, au cours des deux derniers jours. "Au cours des cinq prochains jours entre 75 et 250 millimètres de pluie sont prévus", a prévenu Sergio Buque, du bureau météorologique national du Mozambique.

Humanitaires débordés

Les organisations humanitaires reconnaissaient lundi qu'elles avaient du mal à faire face à l'ampleur de la crise. L'ONU coordonne les efforts de secours avec les ONG et les agences mozambicaines de gestion des catastrophes. "Les besoins concernent surtout des tentes et de l'eau potable, mais, fondamentalement, ils ont besoin de tout", a noté Katherine Müller, porte-parole de la Croix-Rouge.

Et après avoir renoncé au sommet de l'Union africaine ce week-end, le président mozambicain Armando Guebuza a annulé une visite d'Etat en Ouganda pour suivre l'évolution de la situation.