Affaire Bettencourt: la fille de Liliane inculpée pour subornation de témoins

Françoise Bettencourt, la fille de la milliardaire Liliane Bettencourt, a été inculpée jeudi pour subornation de témoins, dans l'affaire d'abus de faiblesse à l'encontre de sa mère.
07 juil. 2016, 19:50
Françoise Bettencourt Meyers est soupçonnée d'avoir fait pression, moyennant parfois finances, pour que certaines de ces employées produisent de faux témoignages.

La fille de la milliardaire Liliane Bettencourt a été inculpée jeudi pour subornation de témoins, dans l'affaire d'abus de faiblesse à l'encontre de sa mère. Elle a été interrogée sur un prêt de 300'000 euros soumis à intérêts consenti en novembre 2012 à Claire Thibout, ex-comptable de sa mère.

Personnage central du dossier d'abus de faiblesse jugé début 2015, Mme Thibout avait, comme plusieurs autres employées de l'héritière de L'Oréal, témoigné de l'emprise sur leur patronne de plusieurs de ses proches, dont le photographe Jean-Marie Banier.

Françoise Bettencourt Meyers est soupçonnée d'avoir fait pression, moyennant parfois finances, pour que certaines de ces employées produisent de faux témoignages. "Nous allons faire un recours, cette affaire ne tient pas la route, cette mise en examen est totalement nulle", a affirmé jeudi à l'AFP son avocat, Jean Veil.

 

Ex-confident de Liliane Bettencourt, M. Banier, qui avait amplement profité des largesses de la vieille dame, a été condamné en mai 2015 à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, 350'000 euros d'amende et 158 millions d'euros de dommages et intérêts.

Le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, a lui écopé de trente mois de prison, dont douze avec sursis, et 250'000 euros d'amende. Les deux hommes ont fait appel.

Agée de 93 ans et atteinte de la maladie d'Alzheimer, Liliane Bettencourt, dixième fortune mondiale, est aujourd'hui placée sous tutelle. Pendant le procès, les débats avaient porté sur sa capacité de discernement entre 2006 et 2011, quand elle s'était montrée très généreuse envers son entourage.

Le nom de l'ancien président Nicolas Sarkozy était un temps apparu dans le dossier. Soupçonné d'avoir sollicité la vieille dame pour financer sa campagne électorale de 2007, il a finalement bénéficié d'un non-lieu.