Alexis Tsipras présentera de nouvelles propositions crédibles

Alexis Tsipras présentera un plan de réformes en réponse à un ultimatum lancé par les dirigeants européens. L'objectif est de trouver un accord de la dernière chance afin de ne pas exclure la Grèce de la zone euro.
25 août 2015, 16:10
Alexis Tsipras s'est engagé devant ses partenaires européens à trouver de nouvelles solutions.

La Grèce a promis mercredi de présenter un nouveau programme de réformes "crédibles", répondant à l'ultimatum lancé par les dirigeants européens. Excédés, les chefs d'Etat et de gouvernement espèrent conclure avant dimanche un accord de la dernière chance pour maintenir le pays dans la zone euro.

"Sans unité, nous allons nous réveiller dans quatre jours dans une Europe différente", a lancé mercredi le président du Conseil européen Donald Tusk. Il a appelé la Grèce comme les créanciers à un accord d'ici dimanche. "C'est notre dernière chance", a-t-il insisté devant le Parlement européen.

A la tribune, le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'est, lui, engagé à soumettre à ses créanciers "de nouvelles propositions concrètes de réformes crédibles" jeudi, comme le lui réclame la zone euro en contrepartie d'un troisième plan d'aide. "Ne laissons pas l'Europe se diviser", a-t-il lancé.

Mais M. Tsipras, issu de la gauche radicale et porté au pouvoir en janvier sur la promesse de ne pas imposer davantage d'austérité à la Grèce, a aussi défendu son "droit à choisir" la manière de redresser le pays. Il a affirmé qu'un accord devait être "socialement juste et économiquement viable". Il a encore demandé un rééchelonnement de la dette grecque.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a affirmé qu'une restructuration de la dette de la Grèce était "nécessaire".

Ciblé par les eurodéputés

Et le gouvernement grec a formulé mercredi une demande non chiffrée pour un prêt sur trois ans auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES), pour respecter ses obligations. Le MES a demandé de son côté à la Commission européenne, à la Banque centrale européenne (BCE) et au FMI d'examiner si la Grèce constitue une menace pour la stabilité financière de la zone euro.

Les déclarations du Premier ministre grec ont été accueillies froidement par les principaux parlementaires. La gauche radicale et l'extrême-droite l'ont toutefois soutenu.

En pleine épreuve de force entre Athènes et ses créanciers, exaspérés après des mois de négociations houleuses, le ton se fait de plus en plus alarmiste. Les partenaires européens de la Grèce évoquent désormais sans tabou le scénario du "Grexit", la sortie du pays de la zone euro.

Les pays de cette zone, les principaux créanciers d'Athènes, vont à présent étudier la nouvelle demande d'aide sur trois ans que la Grèce vient de lui adresser.

Sommet européen prévu

Mais la requête d'Athènes devra être assortie d'un plan avec "des réformes enfin sérieuses", a estimé mercredi le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. Le "programme complet" promis par Alexis Tsipras devra être envoyé à ses partenaires avant jeudi minuit, puis examiné par les créanciers et soumis samedi aux ministres des Finances de la zone euro.

Pour l'heure, la Grèce s'est engagée à des réformes des impôts et des retraites "dès la semaine prochaine", a indiqué le nouveau ministre des Finances Euclide Tsakalotos.

Si ce programme donne satisfaction, les dirigeants européens pourront officiellement donner le coup d'envoi des négociations sur ce nouveau programme d'aide dimanche, lors d'un sommet exceptionnel à 28 à Bruxelles. Dans le cas contraire, cette réunion pourrait se transformer en sommet de crise, amorçant la sortie de la Grèce de la zone euro.

Banques grecques encore fermées

Des solutions urgentes et à court terme sont aussi nécessaires pour qu'Athènes puisse rembourser le 20 juillet la BCE, qui maintient en vie son économie par une aide financière aux banques. Faute d'accord, la BCE pourrait lâcher les banques grecques, conduisant inévitablement à un effondrement du système bancaire du pays. Les banques vont rester fermées jusqu'à lundi, a indiqué mercredi une source au ministère grec des Finances.

La BCE a laissé inchangé mercredi le niveau actuel des prêts d'urgence (ELA) qu'elle accorde aux banques grecques. Mais "l'exaspération et l'impatience montent au sein (de cette instance) face à l'attitude du gouvernement grec", a indiqué une source bancaire.

Le non l'a emporté à plus de 60 % lors du référendum convoqué par Athènes dimanche. Et les dirigeants européens sont également gagnés par l'exaspération face aux derniers rebondissements après ce scrutin.