Allemagne: la ville de Cassel impose la vente de saucisses lors d'un festival végan

En Allemagne, la saucisse est une tradition culinaire bien ancrée. Mais, comment faire lorsque l'on accueille un festival végan sur sa commune? C'est à cette question que les autorités de la ville de Cassel ont dû répondre. Et la décision n'a pas plu à tout le monde.
27 févr. 2017, 08:39
/ Màj. le 27 févr. 2017 à 10:42
La Ahle-Wurst est au coeur d'une polémique en Allemagne.

Il est des traditions qui sont sacrées. Dans la ville de Cassel, au centre de l'Allemagne, la saucisse fait partie de celles-là. Mais, comment faire cohabiter véganisme et tradition locale? C'est la question à laquelle ont été confrontées les autorités municipales. En effet, le 23 avril prochain, se tient la Journée de la Terre (Tag der Erde), un festival écologique estampillé "sans viande" et organisé par l'association UmweltHaus. Et cette dernière a clairement montré sa réticence à voir des stands vendre la Ahle Wurst, le saucisson local, durant la manifestation.

Problème, cette saucisse fumée à base de porc est la spécialité du coin. De quoi agiter le landerneau politique de la ville, comme le révèle la télévision régional Hessenschau. La chose a donc été portée au vote du parlement de la cité qui à l'issue d'un débat animé a finalement autorisé la vente de saucissons durant le festival. La CDU (centre-droit), le SPD (social-démocrate) et l'AFD (populiste de droite) ont tous soutenu l'idée. Quant aux Verts, ils se sont abstenus.

Ainsi que le suggère Dominique Kalb, membre de la CDU, une interdiction aurait été considérée comme un affront aux traditions locales. "C'est un sujet qui tient à cœur aux habitants de la ville. Pour cette raison, c'est évidemment quelque chose que les politiques locaux ne peuvent ignorer."

Mais, cette large coalition pro-Ahle Wurst cache un autre enjeu. En effet, ainsi que le mentionne la chaîne régionale Hessenschau, Cassel s'apprête à désigner prochainement un nouveau maire. Autrement dit, attaquer les traditions s'apparenterait à un suicide électoral.

Devant ce consensus politique, les organisateurs de la Journée de la Terre n'abdiquent pas. Sur son site, UmweltHaus regrette la polémique, mais affirme qu'il n'y a plus assez de places disponibles pour d'autres stands et que la filière de la viande est en contradiction avec ses valeurs de défense de l'environnement et de protection animale.

La guerre entre pro et anti-viandes semble d'ores et déjà déclarée, puisque le Conseil des aînés de la ville a annoncé qu'il ne participerait pas à l'événement.

par Daniel Gonzalez