Angleterre: le meurtrier présumé de la députée Jo Cox devant le juge

L'homme qui a tué la députée pro-UE Jo Cox en lui tirant dessus et en la frappant avec un couteau a été présenté samedi devant un juge. "Mort aux traîtres, liberté pour le Royaume-Uni", a-t-il déclaré durant l'audience.
18 juin 2016, 08:32
/ Màj. le 18 juin 2016 à 12:11
Selon des témoins, l'homme a tiré sur la députée trois fois avant de la poignarder à plusieurs reprises.

Thomas Mair, soupçonné d'avoir tué jeudi la députée travailliste Jo Cox, a été présenté samedi devant un juge du tribunal de Westminster après avoir été inculpé pour assassinat. "Mort aux traîtres, liberté pour le Royaume-Uni", a-t-il déclaré lorsqu'il a été invité à décliner son identité.

Le quinquagénaire au crâne dégarni et vêtu d'un survêtement gris avait été inculpé dans la nuit d'homicide volontaire sur la députée travailliste de 41 ans.

Les propos sans équivoque du suspect devant le tribunal de Westminster, où sont généralement jugées les affaires liées au terrorisme, semblent conforter les différentes révélations et témoignages apparus depuis jeudi.

Particularité de la loi britannique, l'inculpation du suspect signifie cependant que les médias n'ont désormais plus l'autorisation de publier ces éléments, notamment sur les possibles motivations du suspect.

Jo Cox a été tuée jeudi dans sa circonscription de Birstall, dans le nord de l'Angleterre, à une semaine du référendum britannique sur l'Union européenne.

 

Extrême droite

Selon des témoins, l'homme a tiré sur la députée trois fois avant de la poignarder à plusieurs reprises alors qu'elle gisait en sang sur le sol. Il a été arrêté peu après les faits.

La police britannique enquête sur de possibles liens avec l'extrême droite du meurtrier présumé qui aurait crié "Britain first !" ("La Grande-Bretagne d'abord !"), selon des témoins.

D'après le Southern Poverty Law Centre, un groupe américain de défense des droits civiques, le suspect est un "partisan dévoué" d'un groupe néonazi basé aux Etats-Unis. Le quotidien The Guardian a affirmé que la police avait retrouvé des symboles nazis à son domicile, ainsi que de la littérature d'extrême droite et un manuel pour fabriquer des pistolets.

Le meurtre de Jo Cox a provoqué la suspension immédiate de la campagne du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne. Elle restera suspendue au moins jusqu'à dimanche, ont annoncé les deux camps.