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Attaque au Musée juif: le tireur présumé remis à la Belgique

La France a ordonné jeudi la remise du tireur présumé du Musée juif à la Belgique.

26 juin 2014, 11:10
FILE - In this hand out file photo distributed on Sunday, May 25, 2014 by the Belgian Federal Police, a surveillance camera shows a man shooting at the Jewish museum in Brussels, Belgium, on Saturday, May 24, 2014. The Paris prosecutor's office said a man has been arrested Friday May 30, 2014 in the investigation of the shooting at the Jewish museum in Brussels that left at least three people dead. (AP Photo/Belgian Federal Police, File)

La cour d'appel de Versailles a donné son feu vert jeudi à la remise à la Belgique du Franco-Algérien de 29 ans soupçonné d'être l'auteur de la tuerie du Musée juif de Bruxelles. L'attaque avait fait quatre morts le 24 mai. Le suspect entend faire recours afin d'éviter d'être jugé en Israël.

"Il nous a fait savoir qu'il entend se pourvoir en cassation (...) puisqu'il n'a pas été satisfait de la décision (de la cour)", a déclaré à la presse Me Apolin Pepiezep, à l'issue de l'audience. "Il n'a pas eu la garantie (...) de non-extradition vers un pays tiers", a-t-il précisé.

La Cour de cassation a désormais 40 jours pour statuer, ce qui devrait retarder d'autant plus la remise du suspect à la Belgique qui avait émis le 31 mai dernier "un mandat d'arrêt européen "aux fins de poursuites d'assassinats dans un contexte terroriste".

Récemment, Me Pepiezep expliquait que son client redoutait d'être extradé vers Israël, deux des victimes de la tuerie de Bruxelles étant des ressortissants de ce pays. En théorie, Israël, qui a adhéré à une convention européenne sur les extraditions, peut en effet réclamer à Bruxelles le tueur présumé.

Récemment, Me Pepiezep s'était dit prêt à aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'Homme pour défendre son client.

Muet et impassible

Vêtu d'une veste de survêtement noire et d'un polo blanc, le jeune homme est arrivé souriant et détendu dans le box vitré, encadré par des agents d'élite de l'administration pénitentiaire. Alors qu'il avait fait en entrant un signe de la main à des proches dans la salle, il est resté muet et impassible à l'énoncé de la décision de la cour.

L'homme est suspecté d'avoir ouvert le feu au Musée juif de Bruxelles, tuant deux personnes de nationalité israélienne, une retraitée française et un employé belge décédé plus tard des suites de ses blessures.

Si les demandes de recours échouent, la remise du suspect devrait intervenir rapidement, le temps d'organiser son transfèrement vers la Belgique. Là, il serait présenté à un juge d'instruction qui pourrait ordonner une reconstitution sur les lieux du drame, toujours fermés au public. Si l'enquête devait confirmer les soupçons d'assassinats, le tueur présumé serait ensuite renvoyé devant une cour d'assises où il encourt la réclusion à perpétuité.

Autoradicalisé en prison

Originaire de Roubaix, le Franco-Algérien avait été arrêté le 30 mai à Marseille à sa descente d'un car en provenance de Belgique puis transféré à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret (Hauts-de Seine). Depuis le 4 juin dernier, il est écroué à la maison d'arrêt de Bois-d'Arcy, dans les Yvelines.

Le procureur de Paris, François Molins, a expliqué qu'il détenait un fusil d'assaut Kalachnikov et un pistolet identiques à ceux utilisés à Bruxelles. La carte mémoire de son appareil photo contenait une vidéo dans laquelle un homme, dont la voix ressemble à celle du suspect, revendique l'attaque.

L'homme, qui reconnaît le port et le transport illégal d'armes, disant les avoir volées en Belgique, ne s'est pas à ce jour prononcé sur la tuerie qui lui est imputée.

Il a été incarcéré à cinq reprises en France et se serait autoradicalisé durant sa détention, a dit le magistrat, précisant qu'il était resté en Syrie plus d'une année dans les rangs de groupes combattants.

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