Attentat contre un car de la garde présidentielle à Tunis: 12 morts

Douze personnes sont mortes et dix-sept ont été blessées mardi dans l'explosion d'un bus transportant des agents de la sécurité présidentielle à Tunis.

24 nov. 2015, 18:03
/ Màj. le 24 nov. 2015 à 21:42
Une journaliste de l'AFP a pu voir un bus en partie calciné près de l'avenue Mohamed V, à proximité d'un croisement qui a été bouclé.

Au moins 12 agents ont été tués mardi dans un attentat contre un bus de la sécurité présidentielle dans le centre de Tunis, qui frappe un pays déjà endeuillé par des attaques djihadistes majeures cette année. Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, qui a annulé sa visite en Suisse, a proclamé l'état d'urgence pour 30 jours dans tout le pays et un couvre-feu dans le Grand Tunis.

"L'explosion est acte terroriste. Il y a 12 martyrs et 17 blessés", a déclaré Walid Louguini, le porte-parole du ministère de l'Intérieur. Selon un autre responsable du ministère, tous les morts sont des agents de la sécurité présidentielle. Ce bilan est encore provisoire, a indiqué de son côté la présidence de la République dans un communiqué.

L'explosion s'est produite en fin d'après-midi près de l'avenue Mohamed-V, une des principales artères de la capitale. "Je confirme l'explosion à bord d'un bus de la sécurité présidentielle. C'est un attentat", a dit Moez Sinaoui, le porte-parole de la présidence de la République.

Bus calciné

Une journaliste de l'AFP a pu voir un bus en partie calciné près de l'avenue Mohamed-V, à proximité d'un croisement qui a été bouclé. De nombreuses ambulances, les pompiers et les forces de l'ordre se trouvaient sur les lieux, où régnait une tension extrême. Plusieurs personnes étaient aussi en pleurs.

"La plupart des agents qui se trouvaient dans le bus sont morts", a déclaré une source de sécurité sur place. Le ministère de l'Intérieur n'était pas en mesure de préciser combien de personnes au total se trouvaient à bord du véhicule. Un employé de banque a affirmé avoir entendu "une forte explosion" et "vu le bus en feu".

La sécurité a été renforcée sur l'avenue Habib Bourguiba, située à proximité du lieu de l'explosion, où se trouve notamment le ministère de l'Intérieur.

 

 
Sommaruga condamne Le premier ministre Habib Essid et le ministre de l'Intérieur Najem Gharsalli se sont rendus sur les lieux, selon un journaliste de l'AFP. Le président Béji Caïd Essebsi a lui annulé sa visite d'Etat prévue mercredi et jeudi en Suisse, ont annoncé les services de la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga. Condamnant cette attaque, elle a espéré qu'une autre occasion se présenterait pour une rencontre. Des entretiens sur la transition démocratique en Tunisie et sur la coopération avec la Suisse, ainsi que sur les problèmes migratoires et le terrorisme étaient notamment prévus. La question des avoirs gelés en Suisse de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali et de son entourage devait aussi être abordée.