Australie: le pays et Facebook en discussion après le blocage des contenus

Au lendemain du blocage par Facebook des contenus d’actualités en Australie, le gouvernement du pays et le patron du réseau social se sont entretenus. Les deux côtés campent sur leurs positions.

19 févr. 2021, 07:31
Facebook estime que le projet de loi australien est inapplicable et que le réseau social n'a pas d'autre choix que de mettre en place de telles restrictions.

Le patron de Facebook Mark Zuckerberg s’est entretenu vendredi avec le gouvernement australien au sujet du projet de loi qui vise à contraindre les géants de la tech à rémunérer les médias pour la reprise de leurs contenus. Le Premier ministre Scott Morrison a insisté sur le fait que son pays n’entend pas plier devant les «menaces».

Le ministre australien des Finances, Josh Frydenberg a indiqué s’être entretenu vendredi avec Mark Zuckerberg. Les négociations se poursuivront ce week-end. «Nous avons discuté des questions qui restent en suspens et avons convenu que nos équipes respectives s’y pencheront immédiatement», a déclaré M. Frydenberg sur Twitter. Le Premier ministre a indiqué lors d’une conférence de presse à Sydney que ce blocage de Facebook constitue une «menace». «Ce n’est pas une bonne décision de leur part et ils devraient rapidement dépasser ça et revenir à la table» des négociations, a estimé M. Morrison.

 

 

Ce blocage est une riposte à un projet de loi qui viserait à obliger Facebook et Google à rémunérer les médias australiens pour la reprise de leurs contenus. Pour le Premier ministre, ce projet de loi, qui sera débattu lundi au Sénat, est scruté de près par beaucoup de dirigeants à travers la planète.

A lire aussi: Australie: Facebook défie l’Australie en bloquant les contenus d’actualité

Il a indiqué en avoir parlé jeudi lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre indien Narendra Modi. «Cela suscite beaucoup d’intérêt», a-t-il souligné.

Chute du trafic

Facebook semble de son côté camper sur ses positions, estimant que ce texte est inapplicable et que le réseau social n’a pas d’autre choix que de mettre en place de telles restrictions. Depuis leur entrée en vigueur jeudi, le nombre de personnes ayant consulté les sites des médias australiens a chuté dans le pays et à l’étranger, le trafic à l’étranger ayant diminué de plus de 20% par jour, selon la société d’analyse de données Chartbeat.