Bill Gates demande une «révolution numérique» pour lutter contre la faim

Bill Gates, le fondateur de Microsoft, a plaidé aujourd'hui en faveur d'«une révolution numérique» pour lutter contre la faim dans le monde.
05 août 2015, 15:45
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Il veut renforcer la productivité des éleveurs à  l'aide de systèmes satellitaires, de la technologie vidéo ou de la sélection des semences.

«Nous devons réfléchir très sérieusement sur la manière de  profiter de la révolution numérique pour parvenir à des innovations  y compris dans l'élevage», a déclaré le milliardaire philanthrope à  Rome au cours de la réunion annuelle du Fonds international pour le  développement agricole (FIDA), une agence spécialisée de l'ONU.

«Si vous vous occupez des plus pauvres, vous devez vous occuper  de l'agriculture. Nous sommes convaincus qu'il est possible pour les  petits paysans de doubler, et dans certains cas de tripler, leur  production au cours des 20 prochaines années, tout en préservant  leurs terres», a poursuivi M. Gates.

Il a pris comme exemple de l'utilisation des technologies  informatiques le séquençage du génome de manioc, qui permet aux  paysans de prévoir le rendement des semences et de réduire le temps  de développement d'une nouvelle variété de 10 ans à seulement 2 ans.

Bill Gates a également soutenu les échanges vidéo entre éleveurs sur leurs expérience ou l'utilisation de la technologie satellitaire développée par les divers ministères de la Défense du monde entier pour fournir un grand nombre de données sur les terrains agricoles.

Le milliardaire américain a également annoncé des dons d'environ 200 millions de dollars de la part de sa fondation caritative pour  financer des recherches sur de nouveaux types de maïs résistants à  la sécheresse, des vaccins pour le bétail et des projets pour la formation des paysans.

«Si nous ne faisons pas ce genre de choses nous aurons un fossé  numérique dans l'agriculture», a-t-il mis en garde. «Les  investissements dans l'agriculture représentent la meilleure arme  contre la faim et la pauvreté», a-t-il ajouté, précisant que sa  fondation avait prévu d'investir un total de deux milliards de  dollars en faveur des paysans et de l'agriculture.

Il a également plaidé un faveur d'un nouveau système de «fiches  publiques» croisant les données sur la productivité dans les pays en  développement, les agences alimentaires onusiennes et les donateurs.

Il a critiqué l'actuel système d'aide alimentaire et agricole, le  qualifiant de «dépassé et parfois inefficace». «C'est quelque chose  que l'on peut obtenir au cours de l'année à venir», a-t-il dit.