Brésil: le meneur de la destitution de Dima Rousseff démissionne

Eduardo Cunha, président de l'Assemblée nationale, démissionne. Il était le fer de lance de la procédure de destitution de Dilma Rousseff et est soupçonné d'avoir alimenté en compte secret en Suisse.
07 juil. 2016, 20:00
Eduardo Cunha est en instance de jugement devant le tribunal suprême fédéral pour avoir dissimulé sur des comptes en Suisse au moins cinq millions de dollars.

Le président de l'Assemblée nationale brésilienne, Eduardo Cunha, quitte son poste. Ce fer de lance de la procédure de destitution de la présidente Dilma Rousseff est acculé par les soupçons de corruption. Il est soupçonné d'avoir alimenté un compte secret en Suisse.

"Il est public et flagrant que la maison (chambre des députés) est acéphale, fruit d'un intérim étrange, qui ne cadre pas avec ce que le pays attend de la nouvelle ère ouverte par la suspension de la présidente de la République (Mme Rousseff), et seule ma démission pourra mettre fin à cette instabilité", a déclaré devant la presse M. Cunha, en larmes.

Ce député évangélique ultra-conservateur (57 ans) était suspendu de ses fonctions de président de la chambre basse depuis début mai pour entrave à la justice. Il est visé par de multiples accusations de corruption dans le cadre du scandale Petrobras.

Cinq millions cachés en Suisse?

M. Cunha est en instance de jugement devant le tribunal suprême fédéral (STF) pour avoir dissimulé sur des comptes en Suisse au moins cinq millions de dollars qui proviendraient de fonds détournés du groupe pétrolier étatique. Il est visé par d'autres procédures devant le STF, pour d'autres soupçons de corruption liés au scandale Petrobras qui éclabousse une grande partie de l'élite politique.

M. Cunha, qui avait été élu président de l'assemblée en février 2015, a tiré depuis décembre les ficelles de la procédure d'impeachment de la présidente Dilma Rousseff dont il est le plus farouche adversaire.

Il incarne l'aile dure du grand parti centriste PMDB du vice-président Michel Temer, qui a claqué en mars la porte de la coalition présidentielle dirigée depuis 2003 par le Parti des travailleurs (PT, gauche).

L'explosion de la coalition gouvernementale a favorisé l'ouverture du procès en destitution de Mme Rousseff, accusée de manoeuvres budgétaires et écartée du pouvoir le 12 mai au profit de M. Temer.

La décision finale sur la destitution de la présidente suspendue est attendue pour fin août. Une majorité qualifiée des deux tiers des sénateurs sera nécessaire pour la destituer définitivement.