Brexit: plus que trois candidats pour le poste de Premier ministre

Suite au premier vote des députés conservateurs mardi soir, le candidat à la succession de Cameron au poste de premier ministre Liam Fox a été éliminé. Stephen Crabb s'est quant à lui retiré de la course.
05 juil. 2016, 20:21
/ Màj. le 05 juil. 2016 à 21:59
Ancien ministre de la Défense, Liam Fox a été éliminé mardi de la course.

Trois candidats restent en lice en Grande-Bretagne pour remplacer David Cameron au poste de Premier ministre. Le secrétaire d'Etat aux Retraites Stephen Crabb a annoncé mardi qu'il se retirait de la course.

Mr Crabb a déclaré à la BBC qu'il se retirait et apportait son "soutien de tout coeur" à la favorite, la ministre de l'Intérieur Theresa May, après n'avoir reçu que 34 voix mardi lors d'un premier vote des députés conservateurs.

Mme May, une eurosceptique qui avait finalement rejoint la campagne pro-UE, a elle reçu le soutien de la moitié des 330 députés tories, soit 165 voix. Elle est suivie par la ministre pro-Brexit de l'Énergie Andrea Leadsom (66 voix) et le ministre de la Justice Michael Gove (48).

Arrivé en quatrième position avec 16 voix, l'ancien ministre de la Défense Liam Fox est lui éliminé de la course pour trouver un remplaçant à David Cameron, qui a annoncé sa démission le 24 juin, pour cause de Brexit.

 

Désigné le 9 septembre

Le processus de sélection du Premier ministre qui va gérer la situation de crise économique et politique née de la sortie de l'UE doit se poursuivre jeudi et mardi prochains, pour parvenir à dégager deux finalistes qui seront ensuite départagés par un vote des 150'000 militants conservateurs durant l'été. L'élu(e) sera désigné(e) officiellement le 9 septembre.

Dans cette compétition, le ministre de la Justice Michael Gove, l'une des figures de proue du camp du Brexit, souffre d'un manque de confiance auprès des députés après sa candidature surprise vécue comme une trahison envers Boris Johnson.

L'ancien maire de Londres, qui a fait sensation en se retirant de la course, a décidé de se ranger derrière Andrea Leadsom, 53 ans, une quasi inconnue du grand public avant la campagne référendaire.

 

Prendre le temps

Theresa May a répété lundi son intention, si elle est élue, de mettre dans la balance le sort des trois millions de citoyens européens installés au Royaume-Uni lors des négociations avec l'UE, ce que refusent ses adversaires.

Sur l'activation de l'article 50, pour enclencher la procédure de divorce, Theresa May et Michael Gove sont d'accord pour prendre leur temps, malgré la pression des Européens qui souhaitent aller le plus vite possible.

"Je ne comprends pas que le camp de ceux qui veulent quitter l'UE aient besoin de temps et de réfléchir avant de savoir ce qu'il faut faire", a raillé mardi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Il a, ainsi que le président du Conseil européen Donald Tusk, répété que le Royaume-Uni devrait accepter les règles européennes de libre circulation s'il veut garder accès à son marché intérieur.

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a lui critiqué la proposition du ministre britannique des Finances, George Osborne, de réduire l'impôt sur les sociétés à moins de 15% pour contrer les effets économiques négatifs du Brexit. "Nous ne devons pas être dans la concurrence fiscale exacerbée entre nous ou dans le dumping fiscal", a-t-il déclaré.

Craintes de récession

Mais, côté britannique, il y a urgence : outre le marché immobilier, la croissance dans le secteur des services, prépondérant dans l'économie du pays, a affiché un très net ralentissement en juin, a indiqué le cabinet Markit.

Face aux craintes de récession, la Banque d'Angleterre a réagi en incitant les banques à ouvrir les vannes du crédit pour les ménages et les entreprises.

Dans la perspective du désengagement du Royaume-Uni, le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires européennes David Lidington a laissé entendre que des discussions étaient "en cours" sur la possibilité que son pays renonce à assurer la présidence tournante du Conseil de l'UE, de juillet à décembre 2017.

Le Brexit commence par ailleurs à provoquer un vent de panique sur le marché immobilier britannique, avec trois fonds - Standard Life, Aviva Investors et M&G Investment - qui ont brutalement suspendu leurs activités depuis le début de la semaine face à l'afflux des demandes de remboursements.