Cinq policiers tués à Dallas: le tireur aurait agi seul

Il semblerait que l'homme qui a tué cinq policiers jeudi à Dallas ait agi seul. Les trois autres suspects arrêtés n'ont pas formellement été liés à la fusillade par les autorités. Le tireur, âgé de 25 ans, était réserviste et avait servi en Afghanistan. Il a été tué par un robot télécommandé porteur d'une bombe après avoir été encerclé par les forces de l'ordre.
09 juil. 2016, 10:37
Lors des longues négociations qui ont précédé sa mort, le suspect a déclaré avoir agi seul et ne faire partie d'aucune organisation.

Le réserviste noir de l'armée américaine qui voulait "tuer des Blancs" a apparemment agi seul quand il a ouvert le feu jeudi et tué cinq policiers de Dallas. Les faits se sont déroulés à la fin d'une manifestation contre la violence policière envers les Noirs.

Sept policiers et deux civils ont été blessés. Le suspect a quant à lui été tué par un robot télécommandé porteur d'une bombe après avoir été encerclé par les forces de l'ordre.

Lors des longues négociations qui ont précédé, il a déclaré avoir agi seul et ne faire partie d'aucune organisation. Il a aussi fait part de sa colère après la mort des deux hommes noirs dans le Minnesota et en Louisiane.

"Le suspect a dit qu'il était très affecté par les récentes fusillades policières (...) et qu'il en voulait aux Blancs. Il a affirmé qu'il voulait tuer des Blancs, en particulier des policiers blancs", a raconté le chef de la police de Dallas, David Brown, à la presse. "Nous avons eu un échange de tirs avec le suspect. Nous n'avons pas eu d'autre choix que d'utiliser notre robot piégé", a-t-il ajouté.

Complices

Selon l'armée américaine, le tireur, âgé de 25 ans, était réserviste et avait servi en Afghanistan de novembre 2013 à juillet 2014.

Du matériel servant à fabriquer des bombes, des gilets pare-balles, des fusils, des munitions ainsi qu'un journal détaillant ses tactiques de combat ont été retrouvés par la police à son domicile de Mesquite, dans la banlieue de Dallas. Il n'avait pas d'antécédents judiciaires, a précisé la police.

"Pour le moment, il semble qu'il y ait eu un seul tireur, sans liens connus avec une organisation terroriste internationale ni inspirée par elle", a déclaré à la presse à New York le secrétaire à la Sécurité intérieure Jeh Johnson.

Le maire de Dallas, Michael Rawlings a précisé que les coups de feu "provenaient d'un bâtiment, à différents niveaux, en provenance de ce suspect". Trois autres suspects ont été arrêtés mais ils n'ont pas formellement été liés à la fusillade par les autorités. Ces dernières ont précisé qu'elles recherchaient d'éventuels complices.

Décès réguliers

L'attentat va encore complexifier les relations entre les minorités ethniques et les forces de l'ordre. Des relations ponctuées depuis deux ans par les décès réguliers d'hommes noirs non armés se retrouvant entre les mains de la police.

Il y a deux ans, la mort de Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans, dans la banlieue de St Louis, avait déclenché des émeutes et marqué le début d'un vif débat aux Etats-Unis sur les violences policières à l'encontre des minorités et, au-delà, relancé la question raciale.

D'autres bavures policières, notamment à New York et Baltimore, avaient produit les mêmes scènes de colère et de protestation. Elles avaient conduit des organisations à dénoncer un "racisme institutionnalisé", et donné naissance à un nouveau mouvement de défense des droits civiques baptisé "Black Lives Matter" (La vie des Noirs compte).

Selon la police, le tireur présumé de Dallas était "bouleversé par Black Lives Matter". Sur son compte Twitter, le mouvement a condamné la fusillade, déclarant "défendre la dignité, la justice et la liberté. Pas le meurtre".

Le tireur qui habitait Mesquite, dans la banlieue de Dallas, a laissé un message samedi sur la page Facebook d'une organisation communautaire baptisée Black Panther Party Mississippi. "Pourquoi tant de Blancs (pas tous) prennent du plaisir à tuer des êtres innocents", a-t-il écrit. Sur sa propre page Facebook, on peut le voir le poing levé à la manière des Black Panthers.

Acte condamné

Barack Obama, en visite à Varsovie pour le sommet annuel de l'OTAN, a condamné "un acte odieux, calculé et abject contre les forces de l'ordre." Le président américain a fait savoir qu'il écourtait son séjour en Europe pour pouvoir se rendre à Dallas en début de semaine prochaine.

Donald Trump et Hillary Clinton, candidats à l'élection présidentielle du 8 novembre, ont annulé des meetings de campagne.

Le premier qui briguera la présidence au nom du Parti républicain a plaidé dans un tweet pour "un leadership fort, pour l'amour et la compassion." La seconde a dit "porter le deuil des policiers abattus alors qu'ils effectuaient leur devoir". "Nous devons faire plus face aux préjugés et pour respecter et protéger notre police", a ajouté la démocrate dans un entretien accordé à CNN.

La fusillade de jeudi porte à 26 le nombre de policiers tués depuis le début de l'année, soit une hausse de 44% par rapport aux 18 policiers tués pendant la même période en 2015, selon le National Law Enforcement Officers Memorial Fund.

D'après un décompte du Washington Post, 123 Noirs américains ont perdu la vie en 2016, abattu par la police.