Cinq talibans et trois policiers tués à Kaboul

L'assaut d'un bâtiment de la police afghane à Kaboul aura duré huit heures. Bilan: huit morts et dix-huit blessés.

21 janv. 2013, 14:32
La police afghane était la cible de l'attaque, revendiquée par les talibans.

Des combats se sont terminés après plus de huit heures d'assaut d'un bâtiment de la police afghane à Kaboul, attaqué lundi à l'aube puis occupé par un groupe de talibans. Les affrontements ont fait au moins huit morts, dont les cinq assaillants, et 18 blessés.

"C'est fini. Les deux derniers terroristes sont morts. La chance ne leur a même pas été donnée de faire sauter leurs vestes de kamikazes", a déclaré le général Mohammad Ayoub Salangi, chef de la police de Kaboul. Les cinq membres du commando taliban avaient attaqué tôt lundi matin un bâtiment de la police routière dans la capitale.

Trois policiers ont été tués dans l'attentat suicide, qui a aussi fait quatre blessés chez les policiers, deux au sein des forces spéciales, et six parmi les civils, a déclaré le vice-ministre de l'Intérieur Abdoul Rahman. Le ministère afghan de la Santé a de son côté fait état de 18 blessés, pour la plupart des civils.

Attaque revendiquée par les talibans

Zabiullah Mudjahid, le porte-parole des talibans, a revendiqué l'attaque. Celle-ci est d'après lui l'oeuvre "d'un grand nombre de fedayine" (kamikazes) et a "fait beaucoup de victimes". Sa cible était "un centre d'entraînement américain, un centre de la police et d'autres centres militaires".

L'attaque contre le bâtiment de la police routière a débuté par l'explosion d'une voiture piégée, conduite par un kamikaze. L'explosion initiale était "très très importante, massive", a raconté un témoin. Puis "un groupe de terroristes (...) a essayé d'entrer dans le bâtiment de la police routière", a indiqué Mohammad Zahir, le chef de la police criminelle.

Deux d'entre eux ont été abattus, selon M. Zahir, alors que deux autres, repliés dans le bâtiment, ont continué à tirer sporadiquement durant des heures, avant d'être abattus. Un petit nombre de soldats étrangers s'est rendu sur les lieux "pour aider les forces de sécurité afghanes", a indiqué la force armée de l'OTAN en Afghanistan (ISAF).

Situation sécuritaire précaire

L'ISAF, à laquelle appartient la grande majorité des troupes américaines, a ajouté que les troupes de la coalition "n'étaient pas du tout impliquées" initialement et qu'elles n'avaient donc subi "aucune perte" dans l'attaque.

Celle-ci est survenue cinq jours à peine après qu'une équipe de six kamikazes talibans eut pris d'assaut un complexe des services secrets afghans (NDS) dans le centre de Kaboul, tuant un garde, avant d'être abattue. Trente-trois civils avaient été blessés.

Si les bilans des deux attentats se sont révélés plutôt légers, ce que le gouvernement qualifie de succès démontrant le niveau de préparation de ses forces armées, le fait qu'ils se soient produits dans un si court délai prouve que Kaboul est encore bien loin d'avoir la situation sécuritaire en main, à moins de deux ans du départ des troupes de la coalition, fin 2014.