Corée du Nord: Kim Jong-Un s'adjuge tous les pouvoirs

Kim Jong-Un officialise ses plein-pouvoirs. Le chef du pays a listé ses prérogatives dans un document écrit, en s'est fait nommé président de la toute nouvelle Commission des affaires de l'Etat.
30 juin 2016, 07:58
/ Màj. le 30 juin 2016 à 08:00
Kim Jung-Un a inscrit ses nombreuses prérogatives dans un document écrit.

Pyongyang a gravé dans le marbre l'absolutisme du pouvoir de Kim Jong-Un. Le jeune leader a été nommé mercredi à la tête d'un nouvel organe de gouvernement coiffant tous les autres pouvoirs en Corée du Nord. L'Assemblée suprême du peuple (ASP), l'organe législatif du pays, a élu mercredi à l'unanimité M. Kim à la présidence d'une nouvelle Commission des affaires de l'Etat, a annoncé l'agence officielle nord-coréenne KCNA. Cette institution vient remplacer la puissante Commission de défense nationale (CDN), qui était l'organe suprême de prise de décision politique.

Cette nomination, a déclaré le président de l'ASP, Kim Yong-Nam, reflète "la foi inébranlable et la volonté à toute épreuve de tous les fonctionnaires et habitants du pays de soutenir Kim Jong-Un (...) au plus haut poste de la RPDC", en référence aux initiales de la République populaire et démocratique de Corée. Cette décision entérine effectivement l'élevation de M. Kim au rang de chef suprême du pays, confirme Cheong Seong-Chang, spécialiste de la Corée du Nord à l'Institut Sejong de Séoul. "Cela correspond au titre de 'président de la République' qui avait été donné à Kim Il-Sung en 1972", a comparé M. Cheong. Le fondateur du régime et grand-père de Kim Jong-Un était même devenu à sa mort en 1994 "président éternel".

Rupture supplémentaire

Sa nomination à la tête de la nouvelle Commission des affaires de l'Etat constitue une rupture supplémentaire avec le règne de Kim Jong-Il qui, jusqu'à son décès fin 2011, a dirigé la Corée du Nord en tant que président de la désormais défunte CDN. Par essence militaire, la CDN était responsable de toutes les questions de défense et de sécurité. Mais conformément à la stratégie du "songun" (l'armée d'abord) de Kim Jong-Un, cette commission élaborait les politiques dans tout un tas d'autres domaines, sans lien avec l'armée.