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Costa Concordia: l'ex-commandant Schettino accuse le timonier

Le commandant Francesco Schettino s'est à nouveau présenté devant les juges du tribunal de Grosseto ce lundi. Alors qu'il fait face à des accusations d'homicides multiples par imprudence, il accuse le timonier de ne pas avoir suivi ses ordres.

23 sept. 2013, 18:18
Les avocats de Francesco Schettino (droite), le capitaine du navire de croisière Costa Concordia, ont réclamé jeudi, au deuxième jour du procès, une nouvelle expertise de l'épave.

Le procès de Francesco Schettino a repris lundi devant le tribunal de Grosseto, au centre de l'Italie. L'ex-capitaine du Costa Concordia a accusé le timonier du navire, l'Indonésien Jacob Rusli Bin, de ne pas avoir suivi ses ordres.

Francesco Schettino, surnommé "l'homme le plus détesté d'Italie", est poursuivi pour homicides multiples par imprudence, abandon de navire et dommages causés à l'environnement. Lors de l'audience consacrée aux expertises et contre-expertises, il a affirmé avoir donné l'ordre de virer à gauche pour que la poupe du navire s'éloigne du rocher. "Mais le timonier a fait le contraire et nous avons heurté" le récif, a-t-il expliqué.

Pour l'amiral Giuseppe Cavo Dragone, à la tête de l'équipe qui a étudié la boîte noire du paquebot, cet argument ne tient pas. "L'impact aurait eu lieu de toutes les façons", a-t-il estimé.

Des experts sur l'épave

Le procès a repris une semaine après le redressement de l'épave du Concordia, opération titanesque qui a duré une vingtaine d'heures. Des robots sous-marins ont depuis repris leurs explorations pour retrouver les corps des deux victimes qui n'ont pas été récupérés.

L'un des avocats de la défense, Francesco Pepe, a demandé à la cour que des experts se rendent sur l'épave du bateau. Il espère qu'une inspection des installations électriques d'urgence, des portes des compartiments étanches et des canots de sauvetage permettra d'y voir plus clair.

Peines négociées

En juillet, quatre membres de l'équipage du Costa Concordia et un responsable de la compagnie Costa Croisières ont été condamnés à des peines de prison allant de 18 à 34 mois, à l'issue d'une procédure négociée, les accusés ayant plaidé coupables d'homicides involontaires et de négligences. Le timonier a écopé d'un an et huit mois d'emprisonnement.

Ces peines, prononcées très rapidement contre aveu de culpabilité, ont été jugées trop légères par les parties civiles et le collectif "Justice pour le Concordia". Certains ont annoncé leur intention de déposer des recours. La compagnie a été condamnée à une amende d'un million d'euros, également au terme d'une procédure négociée.

32 morts

Le naufrage du paquebot à proximité de l'île du Giglio, en Toscane, avait fait 32 morts en janvier 2012.

Naviguant trop près de la côte, le paquebot de 114'500 tonnes avait heurté un écueil et s'était échoué avec 4229 passagers. Cette manoeuvre et des retards dans les opérations d'évacuation ont mis en évidence une responsabilité écrasante du commandant, dont les avocats jugent cependant qu'il ne peut être tenu pour l'unique responsable de la tragédie.

Francesco Schettino a reconnu sa responsabilité en tant que commandant du navire mais affirme qu'il n'est pas le seul à blâmer. Il évoque aussi de possibles défaillances techniques qui auraient contribué à provoquer le naufrage.

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