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Décès de l'alpiniste et politicien français Maurice Herzog

L'alpiniste français Maurice Herzog est décédé à l'âge de 93 ans. Il était le premier homme à avoir gravi l'Anapurna.

14 déc. 2012, 17:43
Maurice Herzog est l'un des premiers hommes à avoir gravi l'Anapurna.

L'alpiniste français Maurice Herzog, également homme politique, est décédé à l'âge de 93 ans, a dit vendredi la Fédération française de la montagne et de l'escalade (FME). Il avait atteint la cime de l'Annapurna (8091 m) le 3 juin 1950, devenant le premier homme à gravir un sommet de plus de 8000 mètres.

Lors de cette expédition historique, il était accompagné de Louis Lachenal, qui comme lui avait perdu plusieurs doigts et orteils, gelés, après une descente dramatique. L'équipe comprenait aussi notamment les guides de haute montagne Gaston Rébuffat et Lionel Terray.
 
Maurice Herzog a raconté, en la romançant un peu, la grande aventure de sa vie dans ce qui reste le best-seller absolu de la littérature de montagne: "Annapurna, premier 8000" (1951), vendu à une douzaine de millions d'exemplaires et traduit en 40 langues.
 
Evoquant un exploit "qui demeurera inscrit dans notre mémoire collective", le président François Hollande s'est incliné "devant le Résistant" et a rendu hommage "à l'homme engagé". D'anciens ministres ou secrétaires d'Etat aux Sports, comme la communiste Marie-George Buffet et l'ex-UMP Rama Yade, ont salué un personnage marquant et une figure historique.
 
Controverse
 
Mais à côté de ces hommages, une polémique ancienne est revenue sur le devant de la scène, au sujet du rôle de chacun des protagonistes de l'aventure. "Si Maurice a bénéficié de la grande publicité sur l'Annapurna, je considère que c'est Lionel Terray le plus grand montagnard qu'on ait eu à l'époque", a estimé la skieuse Marielle Goitschel sur la radio RTL.
 
La mémoire collective tend à faire de M. Herzog le grand vainqueur de l'Annapurna, reléguant au second rang M. Lachenal, ainsi que les grands alpinistes qui les accompagnaient, MM. Terray et Rébuffat.
 
Cette version des faits trop à la gloire du seul Maurice Herzog a commencé à être révisée en 1996, date de publication du texte intégral des mémoires de M. Lachenal, "Carnets du vertige". Ceux-ci étaient parus en 1956, peu après le décès du guide, mais Maurice Herzog et ses amis avaient réussi à supprimer des passages sur l'Annapurna ou à "réécrire" le texte dans un sens moins favorable à Lachenal.
 
Louis Lachenal expliquait avoir "agi en guide" et poursuivi l'ascension au-delà de ses limites parce qu'il était persuadé que Maurice Herzog, décidé à atteindre le sommet, ne reviendrait pas vivant s'il partait seul.
 
La fille de l'alpiniste elle-même, Félicité Herzog, a quelque peu déboulonné la statue paternelle cette année dans son roman ironiquement intitulé "Un Héros", dans lequel elle traite son père de menteur et d'"hémiplégique de la pensée".
 
Rappelant quelques-unes des controverses sur le rôle de chacun des membres de la cordée et mettant en doute la réalité de l'arrivée au sommet, elle accuse son père d'être un monstre de froideur, tapi sous une photo de légende, celle où il brandit le piolet de la "Victoire sur l'Himalaya", en 1950.
 
Engagement politique
 
Né le 15 janvier 1919 à Lyon (Rhône), Maurice Herzog était diplômé de l'Ecole des Hautes études commerciales (HEC) et du Centre de perfectionnement dans l'administration des affaires.
 
A côté de sa passion pour l'alpinisme, Maurice Herzog s'était engagé dans la vie politique de son pays. Membre de la Résistance pendant la Seconde guerre mondiale, il était ensuite devenu secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports (1958-65) sous la présidence de Charles De Gaulle. Puis, il a été maire de Chamonix de 1968 à 1977.
 
En tant qu'entrepreneur, il a dirigé jusqu'à sa retraite plusieurs sociétés, dont la Société du tunnel sous le Mont-Blanc (1981-84). Depuis 1995, il était membre honoraire du Comité international olympique (CIO). L'alpiniste avait par ailleurs été élevé le 1er janvier dernier au rang de grand-croix de l'Ordre national de la Légion d'honneur.
 
 

Un discours de Maurice Herzog:

 

La victoire sur l'Anapurna (partie 1):

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