Décret anti-immigration: un fils du boxeur Mohamed Ali retenu en rentrant au pays

Mohamed Ali Jr, fils du légendaire boxeur Mohamed Ali, a été retenu à la frontière lors de son retour aux Etats-Unis. alors qu'il revenait de Jamaïque. Il a été interrogé durant deux heures en raison de son nom à consonance arabe.
25 févr. 2017, 10:44
Le fils de Mohamed Ali a répondu qu'il était musulman, comme son père, mais les douaniers ont poursuivi l'interrogatoire. (illustration)

Un fils du légendaire boxeur Mohamed Ali a été retenu et interrogé deux heures durant à son retour aux Etats-Unis depuis la Jamaïque début février. Cela en raison de son nom à consonance arabe, selon des médias américains.

Mohamed Ali Jr, âgé de 44 ans, né à Philadelphie (Pennsylvanie) et porteur d'un passeport américain, voyageait avec sa mère Khalilah Camacho-Ali, une ex-épouse du boxeur décédé en 2016, a raconté son avocat et ami Chris Mancini au Courrier-Journal de Louisville.

Tous deux ont été retenus pour interrogatoire à l'aéroport international de Fort Lauderdale le 7 février en raison de la consonance arabe de leurs noms, a ajouté M. Mancini.

 

"Etes-vous musulman?"

Mme Camacho-Ali a été relâchée après avoir montré aux douaniers une photo d'elle-même au côté de son ex-mari. Mais Ali Jr n'avait pas de photo et, selon M. Mancini, il a été retenu durant près de deux heures pour se voir demander à plusieurs reprises: "d'où tirez-vous votre nom?" ou "êtes-vous musulman?".

Il a répondu qu'il était musulman, comme son père, mais les douaniers ont poursuivi l'interrogatoire.

Décret Trump incriminé

"Pour la famille Ali, c'est clair que tout cela est directement lié aux efforts de Donald Trump d'interdire l'entrée des musulmans aux Etats-Unis", a déclaré M. Mancini au Courrier-Journal. Il faisait référence au décret, suspendu par la justice, pris fin janvier par le président étasunien pour interdire momentanément l'entrée aux Etats-Unis des citoyens de sept pays majoritairement musulmans.

M. Mancini a précisé qu'il tentait, de concert avec la famille Ali, de découvrir combien d'autres personnes avaient été retenues pour des interrogatoires similaires et qu'ils envisageaient une plainte au niveau fédéral.

Les responsables de l'aéroport et des douanes n'ont pas répondu aux questions du journal sur cette affaire.