Droits humains: les attaques contre les civils au plus haut au Soudan du Sud

La Commission des droits de l’homme au Soudan du Sud a publié vendredi un rapport dans lequel elle souligne qu’entre février et novembre 2020 les conflits interethniques ont fait des centaines de victimes et de nombreux déplacés parmi la population civile.

19 févr. 2021, 09:44
/ Màj. le 19 févr. 2021 à 11:03
Dans plusieurs Etats, outre les victimes, des enlèvements, des viols individuels et massifs ou encore des destructions systématiques d'habitations ont été perpétrés (ILLUSTRATION).

amais en sept ans les assauts contre les civils n'ont été aussi importants que l'année dernière au Soudan du Sud, en raison de conflits locaux. Vendredi à Genève, la Commission des droits de l'homme sur ce pays a ciblé certaines des exactions "les plus brutales".

De février à novembre, des affrontements interethniques ont eu lieu entre milices, notamment dans l'Etat de Jonglei, provoquant des centaines de victimes et des dizaines de milliers de déplacés. "La portée et la dimension des violences que nous avons identifiées dépassent largement" celles observées depuis 2013, a dit la présidente de la Commission indépendante de l'ONU Yasmin Sooka.

"Elles sont bien pires" que pendant la guerre civile sur les niveaux de violences sexuelles et de déplacés, a-t-elle encore expliqué à la presse. Pour autant, contrairement aux précédents rapports, les trois enquêteurs qualifient peu ces crimes en crimes contre l'humanité ou crimes de guerre.

 

 

Ces indications ne signifient pas "qu'il n'y a pas de violences massives", a affirmé le Genevois Andrew Clapham, également membre de la Commission. Les crimes de guerre doivent pouvoir être attribués avec une organisation du commandement, une composante pas toujours observée dans les milices.

Plus de 100 responsables identifiés

Dans plusieurs Etats, outre les victimes, des enlèvements, des viols individuels et massifs ou encore des destructions systématiques d'habitations ont été perpétrés. Mme Sooka cible des actions très organisées, avec des dizaines de milliers d'hommes, parfois dans un seul assaut, dotés d'armes très avancées. Ce dispositif laisse penser à un soutien de l'armée et de groupes externes, estime aussi M. Clapham.

De nombreux actes, y compris du gouvernement, "peuvent équivaloir à des crimes internationaux", dit-il, déplorant à nouveau l'impunité des responsables. "Une part importante de notre inquiétude est liée aux disparitions forcées", menées notamment par les forces de sécurité nationales accusées de torture et de violences sexuelles.

Désormais, les enquêteurs ont rassemblé des preuves sur plus de 100 individus dans une liste confidentielle pour la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet et qui pourra être utilisée pour des procès. La Commission a appelé à plusieurs reprises le gouvernement à signer un accord avec l'Union africaine (UA) pour lancer la Cour hybride chargée de les poursuivre. Les autorités se sont engagées récemment à avancer sur cette question.