Ecoutes illégales: un haut dirigeant d'Areva jette l'éponge

Un dirigeant d'Areva a démissionné suite à l'affaire d'espionnage de l'ex-patronne du groupe Anne Lauvergeon. Sébastien de Montessus était sur la sellette depuis plusieurs semaines car il est soupçonné d'avoir recruté un détective de la société suisse Alp Services pour espionner Mme Lauvergeon.
05 août 2015, 15:52

M. de Montessus «a décidé de quitter le groupe», a indiqué Areva  dans un communiqué vendredi, sans s'étendre sur les motifs de cette  décision qui prendra effet à la fin du mois.

Sébastien de Montessus, 38 ans, était menacé depuis l'éclatement  fin 2011 de l'affaire Uramin. Un détective de la société suisse Alp  Services avait affirmé avoir été recruté par lui en avril 2011, pour  espionner Anne Lauvergeon, alors toujours à la tête d'Areva, et son  époux Olivier Fric.

La surveillance du couple était liée à l'acquisition en 2007 de  la société minière canadienne Uramin, qui détenait plusieurs  gisements d'uranium en Afrique. Cette mission avait pour but  d'établir d'éventuelles implications frauduleuses du couple.

Les époux ont déposé plainte en décembre après s'être rendus  compte qu'il avaient été espionnés. M. de Montessus a pour sa part  nié catégoriquement avoir mentionné au détective le nom d'Olivier  Fric et lui avoir demandé de recourir à des moyens illicites.

Le mois dernier, un comité interne d'Areva a lavé Anne Lauvergeon  et son mari de tout soupçon de malversation. Le comité a toutefois  relevé des «dysfonctionnements» en termes de gouvernance lors du  rachat d'Uramin.

L'acquisition pour environ 2 milliards d'euros de la société, qui  en vaut aujourd'hui cinq fois moins a largement contribué à plomber  l'an dernier les comptes d'Areva. La société a essuyé des pertes  historiques de plus de 2,4 milliards d'euros (2,9 milliards de  francs).