El Niño: 26,5 mios d'enfants en situation de crise

Depuis l'été, les conséquences du courant chaud El Niño sont encore plus dévastatrices pour le Sud et l'Est de l'Afrique. Un rapport de l'UNICEF publié vendredi fait état de 26,5 millions d'enfants en situation de crise, menacés par la faim et les maladies.
08 juil. 2016, 13:07
Un million d'enfants doit être traité de toute urgence contre la malnutrition aiguë sévère

 

Un million d'entre eux doit être traité de toute urgence contre la malnutrition aiguë sévère, révèle l'UNICEF dans un communiqué. L'Ethiopie notamment traverse actuellement la crise alimentaire la plus grave de ces 50 dernières années.

Près de 10,2 millions de personnes, dont 6 millions d'enfants, ont besoin d'une aide dans ce pays d'Afrique subsaharienne. Dans le Sud du Malawi, 1,5 million d'enfants sont affectés. La moitié des moins de cinq ans sont trop petits pour leur âge en raison de la malnutrition.

"Des millions d'enfants et leur entourage ont besoin de soutien pour survivre", a déclaré Afshan Khan de l'UNICEF, cité dans le communiqué. "Ils ont besoin d'aide (...) pour mettre en place des mécanismes d'adaptation et de prévention des catastrophes face aux conséquences des changements climatiques."

 

 

Propagation de maladies

Selon l'organisation, cette crise pourrait réduire à néant des décennies de progrès dans le recul de la mortalité infantile et le développement de la scolarisation. Si le phénomène climatique La Niña, l'inverse d'El Niño, survenait cette année, la situation pourrait encore empirer.

Les bébés et les enfants en bas âge sont particulièrement touchés. Les conditions d'hygiène précaires sont favorables à la propagation des maladies, comme la diarrhée, la pneumonie, la rougeole et la malaria, les causes de décès les plus fréquentes chez les enfants.

L'UNICEF rappelle qu'El Niño a créé des conditions favorables au Brésil au moustique-tigre qui peut transmettre la dengue, la fièvre jaune et le virus Zika. En Afrique australe, on craint les répercussions sur la transmission du virus du sida.

 

 

Une étude de l'UNICEF réalisée en Afrique subsaharienne a montré qu'après chaque période de sécheresse, les contaminations par le VIH augmentaient de 11%. Les crises alimentaires freinent l'accès à la thérapie antirétrovirale et poussent les jeunes filles vers la prostitution. Le système immunitaire est aussi affaibli.